L'administration Trump envisage de confier la gestion de la Station spatiale internationale à une entité privée en 2025 — mais il y a 2 choses qui rendraient la transition compliquée

L'ISS. Pixabay

Un rapport de la NASA, repéré par le site Ars Technica, vient de jeter un gros doute sur le projet de privatisation de la Station spatiale internationale (ISS) imaginé par l'administration Trump.

Les Etats-Unis envisagent de cesser le financement de l'ISS en 2025 afin d'en confier la gestion à une entité privée, a révélé le Washington Post récemment.

Or, selon le rapport de la NASA, deux difficultés rendraient la transition imaginée par l'administration Trump compliquée:

  • il sera difficile de trouver une entité privée capable de payer les coûts d'exploitation annuels de l'ISS, qui s'élèveraient à environ 1,2 milliard de dollars en 2024;
  • et il n'y aura probablement pas assez de partenaires commerciaux matures — que ce soit sur les marchés de tourisme spatial ou d'entretien de satellites — pour prendre le relais de l'ISS et créer un écosystème viable sans financement fédéral des Etats-Unis. 

Les documents consultés par le Washington Post sur le projet de privatisation de l'ISS ont révélé que le gouvernement américain devrait provisionner dans son budget 2019 150 millions de dollars "pour rendre possible le développement et la maturation d'entités et de capacités commerciales qui vont s'assurer que ceux qui prendront le relais de l'ISS [...] soient opérationnels" en temps voulu. 

Mais l'inspecteur général de la NASA Paul Martin doute qu'une entité privée quelconque puisse faire fonctionner la station de manière rentable:

"En nous appuyant sur notre travail d'audit, nous remettons en cause la viabilité des projets de la NASA. En particulier, nous doutons qu'il y aura des services commerciaux suffisants grâce auxquels les entreprises privées seraient en mesure de développer une activité autonome et rentable, indépendante d'un financement fédéral important. Il est notamment peu probable qu'une entité ou des entités privées assument les coûts d'exploitation annuels de la station, qui devraient être d'environ 1,2 milliard de dollars en 2024."

Par ailleurs, le rapport précise que les affirmations selon lesquelles un marché en dehors de la recherche en microgravité — qui inclurait le tourisme spatial comme Jeff Bezos et son entreprise Blue Origin projette de le faire, des services d'entretien de satellites, de fabrication de biens et de recherche et développement —"n'existe pas encore" et qu'il semble "beaucoup trop optimiste" d'imaginer que ce sera le cas dans environ six ans. 

Enfin, sans l'ISS, la NASA ne pourra pas finaliser plusieurs projets de développement de technologies concernant notamment les systèmes de maintien à la vie dans l'espace. 

L'ISS est techniquement certifiée jusqu'en 2028, mais comme l'a affirmé l'astronaute belge Frank De Winne, elle ne pourra pas être maintenue encore 50 ans.

Même si les Etats-Unis jouent le rôle de pays-cadre de l'ISS, il faudra trouver un consensus au sein des autres Etats membres qui contribuent à l'ISS, si un projet de privatisation est vraiment décidé, comme le stipule le cadre juridique de la station signé en 1998. 

Elle est en orbite à 400km au-dessus de la Terre depuis novembre 1998 et a été habitée en permanence par des astronautes depuis près de deux décennies.

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