Voici dans quelles enseignes de grande distribution les prix ont le plus dérapé en février, mais elles ont parfois une bonne excuse

Pot de Nutella dans un rayon d'hypermarché. Business Insider France/Elisabeth Hu

La loi Alimentation est entrée en vigueur le 1er février, et ses effets se font déjà sentir sur le porte-monnaie des consommateurs. En effet, le texte impose une augmentation de 10% du seuil de revente à perte (SRP), qui force les enseignes à ajouter au moins 10% de marge sur les produits alimentaires transformés. En échange, les grandes surfaces sont invitées à baisser leur marge sur les produits agricoles, au profit des agriculteurs. Aucun système contraignant n'est cependant mis en place.

En conséquence, les prix sur certains produits de grandes marques ont déjà augmenté, mais les hausses sont plus importantes chez certaines enseignes par rapport à d'autres. Le 30 janvier, Le Parisien avait relevé les prix de 11 produits courants sur les sites des drive de six grandes enseignes françaises. Deux semaines plus tard, le journal constate, ce jeudi 14 février, que les prix se sont envolés de 9,04% en moyenne chez E. Leclerc, et 7,45% chez Intermarché.

Chez E. Leclerc, la bouteille d'1 litre d'huile Isio 4 de Lesieur coûte ainsi 11,6% plus cher, et le prix de la boîte de thon Petit Navire de 140g a bondi de 11,7%. Chez Intermarché, le paquet de biscuits Prince de Lu de 300g a augmenté de 10,2%, et la bouteille de Coca-Cola d'1,25 litre coûte 10,9% plus cher.

Chez les autres enseignes — Carrefour, Système U, Auchan et Casino —, les hausses sont moins importantes. Elles vont de 0,38 à 1,7% en moyenne. Carrefour a même fait baisser le prix de la bouteille de Coca-Cola de 1,4% et celui de la boîte de thon de 5%.

Comment expliquer ces différences ? Pour David de Matteis du cabinet OC&C, interrogé par Le Parisien, la hausse du SRP "oblige les enseignes qui ne gagnaient rien sur un article à faire dorénavant au moins 10 % de marge dessus". Les autres enseignes, qui "faisaient déjà de la marge" n’ont elles "pas été obligées de relever leurs tarifs", explique le spécialiste.

Il est donc assez logique de voir E. Leclerc augmenter le plus ses prix, car l'enseigne est traditionnellement la moins chère et applique donc en théorie des marges plus faibles.

Plus globalement, ce sont les rayons alcool (+3,2% en moyenne) et épicerie salée (+2,9%) qui ont vu leurs prix le plus augmenter, selon une étude de l'institut Nielsen, qui a comparé, entre le 26 janvier et le 2 février, les prix des 1000 produits les plus vendus en 2018 dans les super et hypermarchés.

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