Les recherches du prix Nobel d'économie William Nordhaus montrent qu'une taxe carbone globale imposée dans tous les pays serait le moyen le plus efficace de lutter contre l'effet de serre

William D. Nordhaus, co-lauréat du prix Nobel d'économie 2018, dans son domicile de New Heaven, Connecticut, le 8 octobre 2018. Reuters/Michelle McLoughlin

  • William D. Nordhaus est l'un des deux lauréats du prix Nobel d'économie 2018.
  • Il est récompensé pour avoir "intégré le changement climatique dans l'analyse macroéconomique à long terme".
  • Il a simulé quatre scénarios différents avec son modèle, pour montrer les conséquences d'une taxe carbone sur les émissions de CO2.

William D. Nordhaus vient de recevoir lundi 8 octobre, à 77 ans, le prix Nobel d'économie aux côtés de Paul M. Romer.

Professeur à l'université Yale, William Nordhaus est récompensé pour avoir "intégré le changement climatique dans l'analyse macroéconomique à long terme". Il a été le premier à créer un modèle quantitatif décrivant les interactions entre l'économie de marché et le climat, et ce dès les années 1990.

Son modèle est maintenant notamment utilisé pour étudier les conséquences possibles d'interventions politiques telles que les taxes carbones.

D'après les recherches de William Nordhaus, le moyen le plus efficace de réduire les problèmes causés par les émissions de gaz à effet de serre serait un système global de taxes carbones imposé uniformément dans tous les pays.

Il a simulé quatre scénarios différents avec son modèle, pour montrer les conséquences d'une taxe carbone sur les émissions de CO2.

Le graphique ci-dessous montre les quatre scénarios envisagés par Nodhaus:

  • Le scénario 1 (vert), montre l'évolution des émissions de CO2 si aucune nouvelle législation, mis à part celles en place en 2015, n'est appliquée.
  • Le scénario 2 (rouge) montre l'impact d'une taxe fixée à 30 dollars (26,13 euros) par tonne de CO2 et qui serait indexée la croissance mondiale.
  • Les scénarios 3 et 4 (orange et noir) montrent une baisse bien plus drastique des émissions, avec des taxes six à huit fois plus élevées.

D'après l'Institute for Climate Economics (I4CE), 46 pays et 26 états subnationaaux (provinces canadiennes ou états des Etats-Unis) avaient établi une politique de tarification carbone au 1er avril 2018. Ils représentent 60% du PIB mondial. Ni les Etats-Unis au niveau fédéral, ni la Chine, ni l'Inde — les trois pays qui émettent le plus de CO2 — n'applique quelconque fiscalité anti-carbone.

En France, la taxe carbone est appliquée depuis 2014. Son prix est fixé à 44,6 euros la tonne de CO2 depuis le 1er janvier 2018. Il doit atteindre 86,2 euros en 2022.

Ce prix Nobel d'économie fait écho à la publication, quelques heures plus tôt, d'un rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui appelle à un changement "rapide, profond et sans précédent" dans l'utilisation des terres et de l'énergie, dans l'industrie, la construction, les transports et les villes.

Les températures moyennes progresseront probablement de 1,5°C entre 2030 et 2052 si le changement climatique se poursuit au même rythme et si le monde échoue à entreprendre des mesures pour l'enrayer, préviennent les auteurs du rapport.

Vous pouvez en savoir plus sur les recherches de Paul M. Romer et William D. Nordhaus sur le site du prix Nobel (en anglais) en cliquant ici.

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