La startup française Heetch est condamnée à près d'un demi-million d'euros d'amende — elle suspend son appli de transport

Logo de Heetch.

La startup française Heetch a été condamnée ce 2 mars 2017 par le Tribunal correctionnel de Paris pour complicité d'exercice illégal de la profession de taxi. 

Heetch est une application qui permet à des particuliers de transporter en voiture d'autres particuliers la nuit, entre 20h et 6h du matin.

Teddy Pellerin, cofondateur de Heetch, a annoncé qu'il allait suspendre le service le temps "d'étudier le jugement".

1.463 chauffeurs de taxis s'étaient portés partie civile contre la startup française.

Voici le détail des amendes requises à l'encontre de Heetch et ses fondateurs :

  • 200.000 euros d'amende que doit la société Heetch, dont 150.000 euros avec sursis
  • 438.900 euros de dommages et intérêts que la société et ses fondateurs doivent aux 1.463 chauffeurs de taxis portés partie civil — soit 300 euros par chauffeur
  • 10.000 euros d'amende que doit le cofondateur Mathieu Jacob, dont 5.000 euros avec sursis
  • 10.000 euros d'amende que doit le cofondateur Teddy Pellerin, dont 5.000€ avec sursis

Soit en tout près d'un demi-million d'euros ferme d'amende.

A la sortie de la 31e chambre de commerce ce jeudi, l'avocat partie civile Me Solitude a expliqué à Business Insider France pourquoi Heetch se différencie du covoiturage — légal, facilité notamment par l'appli à succès Blablacar:

"Le covoiturage, c'est un conducteur qui prévient qu'il va dans telle direction et prend des gens avec lui. Chez Heetch, les passagers choisissaient la destination. C'est grâce à l'application qu'on facilite la commission du délit principal qui est ici: l'exercice illégal de la fonction de taxi. Heetch est ainsi complice de ce délit."

Capture d'écran de "Generation Heetch"

Heetch, de son côté, souligne que ce jugement "est un des pires scénarios envisagés".

Le parquet avait également requis contre les deux fon­da­teurs une in­ter­dic­tion de diri­ger toute en­tre­prise pen­dant deux ans, c'est le seul point qui n'a pas été retenu dans le verdict.

Teddy Pellerin a affirmé que ce n'était pas "la fin de Heetch". Une mobilisation doit être organisée par la startup ce samedi 4 mars entre midi et minuit.

Dans un communiqué, Heetch précise:

"Cette décision est grave pour Heetch, pour ses 50 salariés et pour toute sa communauté d’utilisateurs (...) Nous prenons acte de la décision, nous contestons les motivations du tribunal et allons analyser le jugement avec nos avocats pour décider ou non de faire appel."

Un site  internet intitulé "Génération Heetch" vient d'être lancé pour organiser la manifestation de samedi, où les internautes peuvent se créer un "avatar" et partager des slogans sur les réseaux sociaux ainsi qu'à certains élus comme François Fillon ou Benoît Hamon. 

Heetch revendique 100.000 utilisateurs par semaine, dont 70% en banlieue.

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