Le PSG joue la validation de son modèle économique face au Real Madrid — voici pourquoi

Le gardien du PSG Alphonse Areola lors du match aller PSG-Real Madrid, 14 février 2018. REUTERS

Pour le Paris Saint-Germain, le huitième de finale retour de Ligue des Champions contre le Real Madrid ce soir est plus qu'un simple match de football. De son résultat dépend la validation de son modèle économique qui le conduit à débourser des fortunes pour s'offrir les meilleurs joueurs chaque été. Une qualification parisienne assurerait au club une manne financière substantielle (via les droits télévisuels notamment). Elle offrirait également une attractivité accrue auprès des sponsors. Car c'est bien là l'enjeu majeur pour le PSG : le club doit prouver qu'il est capable de générer des ressources commerciales supplémentaires.

Le champion de France doit trouver environ 75 millions d'euros d'ici juin pour rentrer dans les clous du fair-play financier, ce règlement de l'UEFA qui impose aux clubs européens de ne pas dépenser plus que ce qu'ils gagnent, même si l'actionnaire comble le trou. La cession de plusieurs joueurs de l'effectif (Guedes ou Pastore par exemple) pourrait permettre au club d’atteindre l'équilibre pour la saison 2017-2018 et d'éviter des sanctions de l'instance européenne. Mais au-delà, si le club veut maintenir son train de vie, il n'a pas d’autre choix que de dégager de nouvelles ressources commerciales. Cela passe par deux leviers: trouver de nouveaux partenaires et convaincre les anciens de réévaluer leurs contrats à la hausse. Des négociations sont ouvertes depuis plusieurs mois avec les principaux et inutile de dire qu’une qualification contre le Real Madrid aiderait à débloquer la situation...

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Nike: 20 à 25 millions d’euros par saison (triplement espéré)

C'est l'une des clés de l'équilibre financier du PSG: l'équipementier américain verse actuellement 20 à 25 millions d'euros par saison aux rouges et bleus. C'est bien, mais très inférieur au montant qu’il débourse pour habiller les joueurs de Chelsea, le plus gros contrat football de Nike (66 millions d’euros). Avec Neymar dans son effectif, le PSG estime valoir autant sinon plus. Cet argument est valable dans la mesure où le Brésilien est l’ambassadeur de la marque dans le monde. Un accord pour une revalorisation à hauteur 60 millions d'euros (+10 millions cas de victoire en Ligue des champions) aurait eu lieu en novembre selon Paris United, un site d'information proche de la direction du club. Son officialisation pourrait avoir lieu en fin de saison. On ne sait pas si les résultats de la saison actuelle peuvent influer sur celui-ci.

Fly Emirates: 25 millions d'euros par saison (doublement espéré)

Des négociations sont également en cours pour une revalorisation du sponsoring maillot principal, mais celles-ci seraient bien plus tendues, croit savoir Culture PSG, un autre site spécialisé. Emirates est lié au PSG jusqu'en 2019 et la compagnie aérienne émiratie n'aurait aucune envie de verser plus. Elle attendrait tranquillement la fin du contrat. De son côté, le PSG souhaiterait doubler les termes actuels et obtenir autour de 50 millions d'euros. Un standard conforme aux plus grands clubs européens: Manchester United est le leader du marché grâce aux 63,5 millions d'euros que lui alloue Chevrolet. Viennent ensuite Barcelone avec 55 millions d'euros de Rakuten et Chelsea avec 51 millions d’euros de Yokohama.

Sponsors qataris (­Ooredoo, QNB, beIN, QTA): une centaine de millions d’euros par an (stand-by ou réévaluation à la baisse)

L’épine dans le pied du PSG se situe sur ce dossier. Le Journal du Dimanche a révélé en janvier que l'Instance de contrôle financier des clubs (ICFC) avait eu recours à un cabinet d’audit indépendant pour estimer la valeur réelle des contrats du PSG avec ses sponsors et partenaires qataris, soupçonnant que ceux-ci soient artificiellement surévalués du fait des liens de ces derniers avec l’actionnaire qatari du PSG... Ce décalage serait problématique: en 2014, l'UEFA avait décoté le contrat d'image avec Qatar Tourism Authority de 200 à 100 millions d'euros par an et le PSG avait été sanctionné (amende, contraintes de recrutement, limitation de joueurs pouvant participer aux coupes d’Europe). Une qualification face au Real Madrid voire un bon parcours en Ligue des Champions pourrait aider le PSG à justifier devant l’ICFC que ces contrats sont cohérents avec la notoriété du club. Une élimination compliquerait à l'inverse sérieusement la tâche.

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