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L'affaire des faux comptes russes sur Facebook est bien plus effrayante qu'elle n'y paraît — et nous ne le réalisons toujours pas

L'affaire des faux comptes russes sur Facebook est bien plus effrayante qu'elle n'y paraît — et nous ne le réalisons toujours pas
© Chip Somodevilla/Getty Images

Tout le monde essaie de comprendre comment nous avons perdu le contrôle de nos réseaux sociaux.

Comment un lieu initialement prévu pour reprendre contact avec nos anciens camarades de classe et partager des photos de notre adorable nouveau-né a pu atteindre un tel point de non retour, simplement à cause d'une élection? Comment le fil d'actualité que nous parcourions innocemment pour tuer le temps dans les transports en commun a pu devenir une telle arme de contrôle et de mainmise pour les puissances étrangères?

Malheureusement, nous n'avons pas de véritable réponse à cette question.

Alors que nous en apprenons davantage sur comment la Russie, a semé des milliers de publicités sur Facebook à des fins politiques en 2016, nous nous rendons bien compte que peu importe les solutions envisagées, il était difficile de reprendre le contrôle de la situation.

Des projets de loi son en train d'être préparés en faveur d'une politique de contrôle et de transparence sur Facebook et Twitter, à l'instar de la publicité à la radio et à la télévision. La commission fédérale électorale américaine s'efforce de mettre à jour sa réglementation. Et jeudi, le cofondateur de Facebook Mark Zuckerberg — dont la société déjà refusé de se soumettre aux mêmes restrictions publicitaires que les autres médias — proposé ses propres méthodes pour réguler cet épineux problème de publicité politique qui s'installe sur son réseau social.

Il y a de véritables efforts fournis pour fermer ces brèches qui ont permis à ces figures de l'ombre d'acheter des espaces publicitaires sur Facebook (et probablement sur Twitter) afin de manipuler les masses durant l'élection présidentielle de 2016.

Cependant, censurer uniquement les publicités utilisées à des fins politiques sur les réseaux sociaux reviendrait à demander aux gens de retirer leurs chaussures dans un aéroport. La véritable solution serait d'arrêter directement les personnes malintentionnées d'acheter ces espaces publicitaires, mais là encore, nous ne pouvons les empêcher de trouver un autre moyen d'atteindre leur but.

Nous n'avons plus besoin de pubs

Le contrôle de la publicité était indispensable avec les médias traditionnels que sont la radio ou la télévision ou encore avec les gatekeepers du print.

Mais les réseaux sociaux sont des espaces peu chers et en libre-service. Leur véritable raison d'être est justement de permettre à n'importe qui d'exprimer son opinion, de partager du contenu comme un morceau ou encore un meme qui deviendra viral.

Scott Applewhite

Et vous n'avez pas besoin de publicité pour le faire. Il y a un nombre incalculable de façons de diffuser du contenu, allant de la fake news aux avis sur les rassemblements afin qu'ils se partagent en masse sur les réseaux sociaux. Il y a un large panel de trucs et astuces, comme créer un faux compte, un bot, des hashtags liés aux différentes campagnes politiques qui sont à la portée de quiconque veut les utiliser.

Comment Facebook peut empêcher la Russie, ou un quelconque malfaiteur, de distribuer sa propagande sans utiliser la publicité? Chaque jour, un bon nombre de personnes poste des commentaires à visée politique sur les réseaux sociaux — Facebook va-t-il censurer ses 2 milliards d'utilisateurs?

La désinformation a la vie dure. Si auparavant, les mails et les appels téléphoniques étaient les moyens d'opérer, l'expérience nous prouve que les réseaux sociaux sont bien meilleurs.

Un plus gros souci

Le souci étant que les fondateurs des réseaux sociaux n'ont pas la clé pour résoudre ces problèmes. Dix mois plus tôt, Zuckerberg niait même l'existence du problème.

Pour Kevin Roose du New York Times, Facebook vivait un "Frankenstein Moment". Maintenant, nous tentons tous de comprendre comment Frankenstein s'est échappé. À moins que nous ne diagnostiquions quoi que ce soit, il nous est impossible de trouver de véritable remède à ce problème persistant.

REUTERS/Brian Snyder

Ce qui peut paraître effrayant, c'est que la saga de l'élection sur Facebook a révélé à quel point nous étions vulnérables face à l'assaut des nouvelles technologies qui bousculent nos vies à l'heure où nous parlons.

Les intelligences artificielles, les voitures automatiques, la bio-ingénierie promettent un réel changement pour notre société. Mais ces changements ne sont pas sans conséquences; certaines sont apparentes, tandis que pour d'autres, il est souvent trop tard pour les voir arriver.

Ce que l'on peut retenir de l'affaire de la Russie est la rapidité avec laquelle le phénomène nous a échappé et les conséquences de ce dernier.

Cette chronique n'engage que son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de Business Insider.

Traduit de l'original: Alexei Oreskovic/Business Insider

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