Une professeure d'université qui enseigne sur 'devenir adulte' dit que les millennials ne se considèrent adultes que lorsqu'ils franchissent une certaine étape qu'ils ne cessent de repousser

L'âge adulte commence de plus en plus tard pour beaucoup de jeunes gens aujourd'hui. TIMOTHY A. CLARY/AFP/Getty Images

  • Une professeure britannique a enseigné un cours sur le fait de "devenir adulte" à Georgia Tech, et a réalisé que la majorité de ses étudiants ne se considère pas comme adulte.
  • Beaucoup de ses étudiants disent que l'âge adulte commence lorsque l'on devient parent.
  • Une étude récente montre que beaucoup de jeunes gens repoussent de plus en plus les jalons traditionnels tels que le mariage, la parenté, et l'accès à la propriété.

Un étudiant universitaire est peut être considéré comme un adulte légalement parlant, mais cela ne veut pas dire qu'il se sent comme tel.

Rebekah Fitzsimmons le sait bien — elle est professeure à l'université de Georgia Tech et enseigne un cours appelé : "Adulting : Coming of Age in 21st Century America".

A l'automne 2016, Fitzsimmons a demandé à ses étudiants d'utiliser des médias numériques et des textes historiques afin de définir ce que cela signifie d'être adulte aujourd’hui.

L'enseignante a remarqué très vite que ses étudiants — qui constituent la plus jeune partie la génération millennial — ne se considèrent pas adultes. Cela a pu paver la route à l'un des thèmes principaux de la classe : devenir adulte commence plus tard pour les jeunes d'aujourd’hui.

"Au sein des générations précédentes, devenir adulte est quelque chose qui survenait plus tôt, un peu plus jeune, et on pouvait voir apparaître des démarcations très claires qui nous permettaient de se dire : cette personne est adulte", a expliqué Fitzsimmons à Business Insider.

Fitzsimmons dit également qu'elle a demandé à ses étudiants d'écrire quelques rédactions sur les jalons qui, selon eux, représentent le fait de devenir adulte, et elle a été très surprise par les résultats.

"La très grande majorité d'entre eux a dit qu'elle pensait que devenir adulte était quelque chose qui survenait lorsque l’on commence à avoir des enfants. Ce n'était pas obtenir son diplôme de fin d’études, ni obtenir son premier job."

"J'ai plaisanté en disant que ma définition d'être adulte était de payer son propre loyer, d'avoir sa propre assurance santé. C'est ce qui pour moi représente le fait de devenir adulte. Mais ils m'ont dit, 'Vous savez, une fois que vous avez des enfants, c'est bon, vous êtes vraiment un adulte'."

Et la population jeune repousse ces jalons à un rythme record. Une récente étude du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (Center for Disease Control and Prevention) a relaté qu'à travers les Etats-Unis, le nombre les femmes ayant la trentaine ou plus et commençant à avoir des enfants était à son plus haut niveau en cinquante ans.

Dans le même temps, le taux de natalité des femmes situées entre 15 et 24 ans était en baisse au niveau national.

Aussi, la population jeune se marie plus tard que ses parents. Selon une récente étude Gallup, 20% des Américains entre 18 et 30 ans sont mariés, en comparaison avec les 32% de la génération X et les 40% des Baby Boomers à leur époque, dans cette tranche d'âge.

Fitzsimmons dit que l'une des raisons ayant causé ce changement de culture est que l'université est devenue plus accessible aux nouvelles générations — cet accès plus large à l'éducation signifie que plus de personnes se sont permis de repousser les jalons traditionnels tels que l'accès à la propriété, le mariage et le fait d'avoir des enfants.

Mais l'économie entre également en jeu dans leurs choix de vie également, selon elle, et beaucoup de jeunes personnes se sentent poussés à se lancer tôt dans une carrière professionnelle afin de compenser le coût de leur éducation.

"La pression financière rend le schéma de la petite maison en banlieue avec une petite barrière blanche, deux voitures dans le garage, deux enfants et un chien totalement utopique — cela ne semble plus réalisable."

"En ce moment, mes étudiants viennent à l'université mais ne se disent pas 'Oh c'est génial, j'ai le temps pour me décider et trouver ma voie, je vais trouver mon job de rêve.' Ils sont plutôt du genre à se dire 'Je croule sous le poids du coût de mes études. Elles ont intérêt à me servir'."

Version originale : Mark Abadi/Business Insider

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