Le président Donald Trump et Mike Dewine, élu gouverneur de l'Etat de l'Ohio, lors d'un meeting pendant la campagne électorale à Cleveland (Ohio), États-Unis, le 5 novembre 2018. REUTERS / Carlos Barria

Les élections de mi-mandat ont permis aux démocrates de prendre le contrôle de la Chambre des représentants aux Etats-Unis. Mais il est difficile de parler de défaite pour Donald Trump, dans la mesure où le Parti républicain a dans le même temps renforcé sa majorité au Sénat. De plus, le parti du président a remporté les deux Etats clés de Floride et de l'Ohio.

"Trump est légitimé par cette élection. Il ressort plus fort car il a un parti derrière lui aujourd'hui. A l'inverse, personne n'émerge comme candidat sérieux pour la présidentielle en 2020 côté démocrates", estime Bruno Colmant, chef économiste de la banque d'affaires privée belge Degroof Petercam.

Sur le plan des relations commerciales au niveau mondial, les résultats des élections ne devraient guère changer la donne. Et Donald Trump a de fortes chances de se montrer toujours aussi agressif avec les partenaires des Etats-Unis. Voici pourquoi, selon trois analystes:

  • Le locataire de la Maison Blanche "aura plus les coudées franches, notamment pour le commerce international". Les démocrates ne pourront guère s'opposer à sa politique extérieure, car "en matière d'accords internationaux, tout ce qui devait être démonté a déjà été démantelé", selon Bruno Colmant. De plus, dans les relations avec l'Union européenne, le président américain pourra profiter de l'affaiblissement de la chancelière Angela Merkel en Allemagne, qui a annoncé fin octobre son retrait de la vie politique.
  • "Il ne faut pas négliger la toute puissance du président américain sur le plan international. Les taxes sur la Chine ont été décidées sans avoir consulté le Parlement (le Congrès, réunissant le Sénat et la Chambre des représentants aux Etats-Unis, ndlr). Donald Trump a invoqué la sécurité du territoire pour les mettre en place", souligne Mabrouk Chetouane, responsable de la recherche et de la stratégie chez le gérant de fonds BFT Investment Managers.
  • En dépit de la détente affichée la semaine passée entre les présidents américains et chinois, "Trump va reprendre les critiques sur la Chine", estime Andrea Tueni, analyste chez Saxo Banque. "L'un de ses leviers, ce sont les attaques populistes. Donc il n'y aura pas d'accalmie sur le plan commercial."

Deux secteurs pourraient particulièrement souffrir des tensions commerciales: la tech et l'automobile, "car ce sont tous deux de gros exportateurs", pointe Andrea Tueni. Mais les valeurs technologiques "sont peu présentes en Europe en dehors de STMicroelectronics", ajoute-t-il.

Reste donc l'automobile sur le Vieux Continent. Ce secteur sera "le principal concerné, avec 23% de véhicules légers exportés vers les Etats-Unis, dont 57% en provenance d'Allemagne", précise Mabrouk Chetouane. En revanche, la France n'exporte presque aucun véhicule outre-Atlantique et ne serait donc que peu touchée si Donald Trump mettait à exécution ses menaces de taxation des importations de voitures européennes.

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