Pour qu'une jeune entreprise grandisse et surmonte les difficultés, mieux vaut qu'elle soit bien dirigée. Early Metrics a répertorié les compétences et qualités les plus importantes pour un patron de startup. Et trois d'entre elles apparaissent particulièrement essentielles:

  • Le pouvoir de persuasion;
  • L'expertise technique et la bonne connaissance du marché sur lequel opère l'entreprise;
  • Le réseau professionnel.

L'agence de notation de startup est arrivée à ces conclusions en analysant la corrélation entre les compétences des dirigeants de 700 startups tech — parmi les 2000 notées par Early Metrics ces deux dernières années — et la trajectoire de leur entreprise dans leur première phase de développement. Au-delà des informations publiques et privées, fournies par les startups, chaque équipe dirigeante a fait l'objet d'un entretien téléphonique d'environ deux heures, permettant de la noter sur une quinzaine de critères et d'évaluer son projet et le marché adressé sur la base de 20 autres critères.

"La capacité de persuasion est un facteur clé du succès des premières années", explique Antoine Baschiera, le PDG d'Early Metrics, à Business Insider France. "Elle est utile dans le cadre d'une levée de fonds, mais facilite aussi le recrutement de nouveaux collaborateurs, permet de convaincre un banquier, un client."

Parmi les patrons qui ont obtenu les meilleurs scores pour leur pouvoir de persuasion, on retrouve Vitaly Ponomarev, CEO de Wayray, une startup suisse spécialisée dans la réalité augmentée qui a récemment levé 80 millions d'euros auprès de Porsche, Hyundai et Alibaba, selon L'Usine Digitale. Ce dirigeant est également bien noté pour son réseau professionnel et son ambition internationale.

Autre exemple, Bruno Breton, patron de la startup française Bloom, qui analyse les échanges sur les réseaux sociaux pour les marques à l'aide de l'intelligence artificielle. Née en 2016, son entreprise collabore déjà avec plusieurs grandes sociétés, comme Renault et L'Oréal, selon Ouest-France.

"La capacité de persuasion sert toute la journée, alors que l'expertise technique est surtout utile à certaines moments, dans la phase de design du produit par exemple", estime Antoine Baschiera. Selon lui, il est essentiel que le dirigeant ait des hard skills, c'est-à-dire des compétences techniques et un savoir-faire, mais aussi des soft skills, qui renvoient plus à la personnalité et au savoir-être.

Le pouvoir de persuasion peut s'acquérir

Que les patrons se rassurent s'ils ont du mal à convaincre leurs interlocuteurs, le pouvoir de persuasion peut s'acquérir.

"La capacité de persuasion, c'est quelque chose qui se travaille. L'entrepreneur peut essayer de se faire coacher et regarder comment font ses pairs", explique Antoine Baschiera, un sourire dans la voix. Des patrons sont parfois si sûrs de leur solution technique qu'ils en oublient les attentes de leur interlocuteur.

"C'est en faisant appel à des personnes connaissant les problématiques, ayant déjà fait des erreurs et appris comment les éviter que l'on obtient les meilleurs résultats. Cela ne se manifeste pas seulement parmi les employés mais également parmi les partenaires, les fondateurs des startups similaires et les conseillers qui vous entourent", note Tim Antos dans un communiqué.

Le PDG de Kokoon, une entreprise qui propose des solutions pour se relaxer et mieux dormir, a obtenu la meilleure note auprès d'Early Metrics pour son pouvoir de persuasion et son réseau professionnel.

Selon lui, "les grands leaders associent un bon storytelling à une grande empathie pour convaincre leur public".

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