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Il y a quelque chose de propre à la culture britannique qui empêche BlaBlaCar de décoller au Royaume-Uni

Il y a quelque chose de propre à la culture britannique qui empêche BlaBlaCar de décoller au Royaume-Uni
© com/Web Summit

BlaBlaCar, le site de covoiturage français valorisé à 1,5 milliard de dollars, est l'une des startup tech les plus intéressantes en Europe. L'entreprise est en pleine croissance sur le continent et revendique actuellement 40 millions d'utilisateurs, qui effectuent 4 millions de trajets par mois.

Mais selon son DG, Nicolas Brusson, elle a du mal à se développer auprès du grand public au Royaume-Uni.

"Le Royaume-Uni progresse très lentement. Il y a quelque chose de mystérieux là-bas", dit Nicolas Brusson à Business Insider lors du Web Summit à Lisbonne, au Portugal. L'entreprise a "défocalisé" ses efforts au Royaume-Uni, même si l'appli et ses services sont disponibles pour toutes les personnes qui le souhaitent.

Sur le papier, le Royaume-Uni est un marché parfait pour BlaBlaCar. L'essence y est chère. Les trains coûtent cher, sont bondés et le service est souvent inégal. Les routes sont bonnes et des millions de personnes ont besoin de faire des trajets de routine entre les grandes villes du pays.

Mais pour une certaine raison, les Britanniques ne sont pas confiants à l'idée de faire un long trajet en compagnie d'un parfait inconnu. C'est peut-être lié au fait que les Britanniques n'aiment pas parler avec des inconnus dans les transports en commun, juge Nicolas Brusson.

Quand BlaBlaCar a décollé en France, les gens disaient "c'est un truc français, c'est un truc socialiste", et c'est pourquoi partager une voiture et les frais d'un trajet, ça semblait naturel. Quand ça a décollé en Espagne, les gens disaient "c'est un truc d'Europe du Sud."

"On est devenu une sorte de courtier de confiance [entre inconnus] dans une communauté pair à pair, c'est là où l'on crée de la valeur", dit Nicolas Brusson.

Mais pas au Royaume-Uni... D'après l'analyse des commentaires Facebook sur BlaBlaCar, la peur de problèmes juridiques, le manque de confiance et le fait de partager une voiture avec des inconnus sont des sujets qui reviennent 10 à 20 fois plus que dans d'autres pays — ce qui suggère que l'idée du covoiturage suscite beaucoup plus d'anxiété chez les Britanniques que chez leurs confrères européens.

Après tout, le Royaume-Uni reste le pays qui a complètement rejeté les badges "Tube Chat" (discussion dans le métro) qui encourageaient les gens dans le métro londonien à discuter entre eux.

Cependant, BlaBlaCar se porte bien ailleurs. L'entreprise compte désormais 550 employés répartis dans 22 pays. L'entreprise a récemment levé 300 millions de dollars et est évaluée à 1,5 milliard de dollars, dit Nicolas Brusson. Le DG a refusé de nous communiquer le chiffre d'affaires de l'entreprise mais a confié que l'entreprise prenait entre 15 à 20 euros par trajet en moyenne, sauf dans les pays où l'entreprise vient tout juste de s'implanter.

Voici notre estimation :

  • 4 millions de trajets effectués par mois
  • multipliés par 15 euros par trajet
  • = 60 millions d'euros par mois
  • = 720 millions d'euros par an, en supposant que tous les trajets sont monétisés (ce qui n'est pas le cas).

Il y a un an, Nicolas Brusson avait confié à Business Insider que BlaBlaCar comptait 20 millions de membres, et 10 millions de personnes qui voyagent avec BlaBlaCar chaque trimestre. A l'époque, nous avions estimé que leur chiffre d'affaires était d'environ 96 millions d'euros par an.

Version originale : Jim Edwards/Business Insider UK

Business Insider
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