Les films que vous verrez dans les salles à la réouverture des cinémas

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Les films que vous verrez dans les salles à la réouverture des cinémas
De gauche à droite : "Adieu les cons", de retour en salles le 19 mai, "L'homme qui a vendu sa peau" qui sortira le 2 juin, et "Nomadland" le 9 juin. © Gaumont/BAC Films/Searchlight Pictures

Le top départ a été donné par Emmanuel Macron ce jeudi 29 avril : les cinémas français pourront rouvrir le mercredi 19 mai. Après six mois de fermeture, les exploitants des plus de 6 000 salles du pays voient enfin le bout du tunnel, même si cette réouverture sera progressive. Les cinémas fonctionneront seulement à 35% de leur capacité les trois premières semaines, puis à 65% à partir du 9 juin, avant une levée des jauges le 30 juin, si la situation sanitaire le permet.

Car ce plan de déconfinement contient un astérisque : le gouvernement se réserve le droit de retarder la réouverture dans les régions où le virus circule beaucoup — avec un taux d'incidence supérieur à 400 — ou si les services de réanimation menacent d'être saturés. Un possible "frein d'urgence" qui n'inquiète pas Jocelyn Bouyssy, directeur général des cinémas CGR, exploitant numéro un en France en nombre de cinémas.

"Je suis optimiste", confie-t-il à Business Insider France. "Emmanuel Macron s'est prémuni d'une évolution qui n'irait pas dans le bon sens, mais on va espérer que cela tienne", notamment grâce aux effets de la campagne de vaccination.

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Le groupe prévoit notamment de sortir le film d'animation japonais "Demon Slayer : Le train de l'infini" sous son label CGR Events dès le 19 mai. Le long-métrage rencontre un énorme succès dans le monde entier, et a déjà récolté 443 millions de dollars au box office, un record pour un anime.

Quelques nouvelles sorties françaises accompagneront la réouverture et seront en salles dès le 19 mai. C'est le cas du "Mandibules" de Quentin Dupieux, d''Envole-moi" de Christophe Barratier, de "L'Etreinte" avec Emmanuelle Béart, ou encore de "Slalom" avec Jérémie Rénier.

Retour des films déjà sortis en octobre

Mais les exploitants compteront surtout sur le retour des films coupés dans leur élan lors du confinement de novembre dernier. "On va s'adapter à ce qui est à l'affiche et faire ressortir les films qui n'ont pas eu de sortie VOD ou sur une plateforme de streaming", explique Jocelyn Bouyssy. Parmi eux, "ADN" de Maïwenn ou "Garçon chiffon" de Nicolas Maury, sortis 48 heures avant la fermeture des salles.

Deux films sortis en octobre qui ont beaucoup fait parler ces dernières semaines, "Adieux les cons" d'Albert Dupontel, récompensé de sept César dont meilleur film, et "Drunk" de Thomas Vinterberg, qui vient de recevoir l'Oscar du meilleur film étranger, pourront profiter de ces coups de projecteur.

Puis viendra le grand embouteillage, car plus de 400 films attendent de pouvoir sortir. Si bien que l'Autorité de la concurrence a autorisé, temporairement, les distributeurs à se concerter sur le calendrier de sortie pour laisser de la place à tout le monde. Cependant, si les distributeurs indépendants ont répondu présent, ce n'est pas encore le cas des plus gros acteurs français, tels que Gaumont, SND, UGC, Pathé, Studiocanal ou Metropolitan FilmExport, rapporte Variety.

Trouver une place pour chaque film

"Il faut une limitation du nombre de copies et que chaque distributeur trouve une place", plaide David Grumbach, président de BAC Films interrogé par Business Insider France, qui sortira "L'Homme qui a vendu sa peau" le 2 juin et "Villa Caprice" avec Niels Arestrup et Patrick Bruel, le 16.

"Pour les gros films, il ne faut pas imposer de les mettre sur trois écrans du même cinéma", ajoute David Grumbach. En temps normal, les grands multiplexes peuvent programmer un blockbuster américain à la fois en VF, en VO et en 3D.

Mais pour Jocelyn Bouyssy du Groupe CGR, la situation actuelle est "un problème de riches". "On va harmoniser les sorties et mettre à partie les semaines qui restent pour se mettre d'accord", tempère l'exploitant. "Nous exploitants, on a toujours tout fait pour que la diversité soit respectée." Avant d'ajouter que "ce ne sont pas les distributeurs qui font le marché, mais les spectateurs". En clair, il faut laisser sa chance à tout le monde, mais accepter de laisser sa place si son film ne rencontre pas son public.

D'autant plus que le protocole sanitaire et le couvre feu à 21 heures limiteront forcément les recettes les premières semaines. "Peut-être que ce sont les trois premières qui seront plus dures", prévoit Jocelyn Bouyssy. "On sait très bien qu'on va perdre de l'argent, j'espère qu'on sera encore aidé."

"C'est un préjudice, mais le public s'adapte", veut croire de son côté David Grumbach. "Par exemple, en Suisse, on a vu que les gens allaient plus souvent en salles le matin."

Qu'en est-il du possible report de la réouverture dans les départements où le virus circule le plus ? Si le taux d'incidence est de 289 au niveau national, il dépasse les 400 — le seuil d'alerte — dans la plupart des départements d'Ile-de-France, selon CovidTracker.

La question d'un décalage des nouvelles sorties pourrait alors se poser. "Une sortie nationale sans Ile-de-France serait une catastrophe", lâche d'emblée David Grumbach. "Mais si j'ai appris un truc cette année, c'est d'éviter de faire trop de scénarios dans ma tête." Pour un film d'auteur, les entrées à Paris et en périphérie peuvent représenter jusqu'à 50% des recettes.

Les blockbusters attendent juillet

Si aucun gros blockbuster ne sortira dans les premières semaines, quelques films américains attendus sont prévus pour juin. "Conjuring 3" sortira le 2, les films oscarisés "Nomadland" et "Minari" le 9, le film d'horreur "Sans un bruit 2" le 16 juin, tout comme "Un homme en colère" avec Jason Statham.

Les cinémas devraient, si tout se passe bien, tourner à pleine capacité pour les premières sorties événements de l'été : le Marvel "Black Widow" le 7 juillet, et "Fast & Furious 9" le 14 juillet. De quoi laisser le temps aux plus petits films d'occuper le terrain, et d'essuyer les plâtres.

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