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La décision de Donald Trump de retirer les troupes américaines de Syrie favorise 4 acteurs — et ce sont tous des adversaires des Etats-Unis

La décision de Donald Trump de retirer les troupes américaines de Syrie favorise 4 acteurs — et ce sont tous des adversaires des Etats-Unis
© Carlos Lopez
  • La décision soudaine de Donald Trump de retirer les troupes américaines de Syrie risque de servir les intérêts d'adversaires des Etats-Unis, selon les législateurs américains et les observateurs en politique étrangère.
  • Tout en laissant les alliés de l'Amérique en plan, la décision pourrait livrer la Syrie au régime de Bachar el-Assad, à la Russie et à l'Iran.
  • Le retrait des troupes américaines de Syrie pourrait également réduire la pression exercée sur l'organisation Etat islamique, à un moment critique de la lutte pour l'élimination du groupe terroriste.

Les Etats-Unis ont commencé à retirer leurs troupes de Syrie, une décision prise par le président Donald Trump en réponse à la chute du califat physique de l'organisation Etat islamique (EI).

"Nous avons gagné contre l'organisation Etat islamique", a déclaré Donald Trump dans un message vidéo mercredi 19 décembre. "Nous les avons battus, et nous les avons battus violemment. Nous avons repris leur territoire. Et maintenant, il est temps pour nos troupes de rentrer à la maison."

Mais les détracteurs de cette mesure soutiennent qu'en se retirant de la Syrie à l'heure actuelle, Trump risque de servir les intérêts des adversaires des Etats-Unis. "Les grands gagnants de cette décision sont l'EI, l'Iran, la Russie et Assad", souligne Lindsey Graham, sénateur républicain de Caroline du Sud, dans les colonnes du Washington Post, après avoir qualifié la décision du président "d'erreur digne d'Obama".

Les responsables de la Maison-Blanche et du Pentagone n'ont pas été en mesure d'apporter des éclaircissements sur la situation et les questions concernant les délais, les attentes et la mission à venir restent largement sans réponse.

Les législateurs américains et les observateurs de la politique étrangère craignent sérieusement que la décision du président ne cède la Syrie et son avenir à l'axe Syrie-Russie-Iran, laissant leurs alliés vulnérables et la stabilité de la région en péril.

Voici qui pourrait bénéficier de l'initiative américaine :

La Russie

Chris McGrath/Getty Images

Moscou a salué la nouvelle surprise de mercredi. Le ministère russe des Affaires étrangères, selon l'agence Tass, a déclaré que "l'espoir émerge", arguant que "tant que les Américains étaient là, il n'y avait pas d'espoir".

L'armée russe est active en Syrie depuis 2015. Si l'armée américaine ne se met pas en travers de son chemin, la Russie sera en mesure d'étendre considérablement son influence.

L'Iran

Reuters/Stringer

Si la mission première de l'armée américaine en Syrie était la "défaite durable de l'EI", elle était également de contrer les activités iraniennes troublantes dans la région.

Le secrétaire d'État Mike Pompeo a déclaré en octobre que l'un des objectifs des États-Unis était "le retrait de la Syrie de toutes les forces iraniennes et soutenues par l'Iran". Un mois plus tôt, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, avait déclaré que les troupes américaines "ne partiraient pas tant que les troupes iraniennes seraient à l'extérieur des frontières iraniennes, y compris les mercenaires et les milices iraniennes".

La présence militaire américaine en Iran a perturbé les activités iraniennes, mais le retrait des troupes américaines de Syrie permettra à l'Iran de poursuivre plus facilement ses intérêts.

Le régime de Bachar el-Assad

SANA/Handout via Reuters

Les Etats-Unis ont exprimé à plusieurs reprises leur mécontentement à l'égard du président syrien Bachar el-Assad, certains observateurs estimant qu'il pourrait éventuellement être destitué du pouvoir. L'armée américaine a imposé au moins des restrictions limitées à l'armée syrienne.

Le retrait des troupes américaines de Syrie risque de donner du courage à Assad, car il se sentira plus en sécurité, rendant ses ennemis — qui ont combattu aux côtés des forces américaines — plus vulnérables. La menace posée par l'EI étant moins forte, Assad pourrait, avec l'appui de ses alliés russes et iraniens, concentrer ses efforts sur la reconquête du territoire perdu pendant la guerre civile.

Et comme les Etats-Unis n'auront plus de présence militaire dans le pays, le régime syrien, en coordination avec Moscou et Téhéran, sera libre de dicter les résultats de l'après-guerre.

L'organisation Etat islamique (EI)

AP

Alors que le président Donald Trump a déclaré que l'EI est vaincu, les dernières estimations suggèrent qu'il pourrait toujours y avoir jusqu'à 30.000 combattants de l'EI en Irak et en Syrie. Le secrétaire américain à la Défense James Mattis a fait valoir que les Etats-Unis doivent maintenir leur présence militaire en Syrie pour empêcher la résurgence de l'organisation terroriste.

"Se débarrasser du califat ne veut pas dire qu'il faut se dire aveuglément d'accord, nous nous en sommes débarrassés, on peut partir et ensuite nous nous demanderons pourquoi le califat revient", disait James Mattis en septembre.

Version originale: Ryan Pickrell/Business Insider

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