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'Qui veut être mon associé' : comment ces 2 jurés prennent la décision d'investir leur argent

'Qui veut être mon associé' : comment ces 2 jurés prennent la décision d'investir leur argent
© Serge ARNAL/M6

Lancée il y a six semaines, l'émission "Qui veut être mon associé" sur M6 touche à sa fin. Le dernier numéro sera diffusé ce 18 février. Face à des audiences loin des standards habituels pour M6 pour un programme en prime-time (7,8% en moyenne), Nicolas Tavernost, président du directoire du groupe M6, s'est défendu sur BFM Business en affirmant qu'il s'agissait "d'excellentes audiences compte tenu du public visé. Ça a été le programme le plus regardé par les moins de 35 ans. La résultat économique est très bon, nous allons examiner une deuxième saison".

En attendant l'épisode final, les six jurés — Eric Larchevêque (Ledger), Delphine André (GCA Transport et Logistique), Catherine Barba (Cashstore), Frédéric Mazzella (Blablacar), Marc Simoncini (Angell.bike, fondateur de Meetic) et Bruno Vanhove (Bistro Régent) — ont soutenu 22 des 35 projets présentés pour 3,52 millions d'euros, selon le décompte tenu par Eric Larchevêque, l'un des investisseurs et fondateur de Ledger, startup française spécialisée en sécurisation des crypto-monnaies et de la technologie blockchain. Lui même s'est engagé sur 440 000 euros dans cinq projets. Mais ce montant n'est qu'une promesse.

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Une promesse d'investissement en raison d'informations parcellaires

En effet, plusieurs entreprises n'ont pas reçu l'argent promis, soit par choix, comme La Vie est Belt, ou après une étude approfondie du dossier. En effet, à la différence de pitchs habituels de startups, la décision d'investir est prise en direct. Avec les limites inhérentes : les entrepreneurs ont en moyenne une heure pour présenter le projet sans donner toujours d'informations économiques très précises, comme la marge brute, le nombre de ventes, etc. Une levée de fonds prend généralement plusieurs semaines dans la vie réelle et à la fin d'un pitch, généralement, il n'y a pas de promesse d'engagement financier. "C'est très formaté. C'est donc un accord général qu'il s'agit ensuite d'examiner dans le détail", explique Eric Larchvêque à Business Insider France.

Résultat, après l'émission, les investisseurs ont à chaque fois procédé à un examen minutieux du projet, ce qu'on appelle dans le jargon une due diligence. C'est un procédé classique lors d'une levée de fonds qui permet à investisseur ou un acheteur potentiel de réaliser un ensemble de vérifications pour comprendre autant le potentiel que les risques d'entrer au capital d'une entreprise.

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'Des tickets coup de coeur'

Habitué de l'exercice depuis 2009 et la création de son fonds personnel Jaina Capital, Marc Simoncini partage l'analyse d'Eric Larchevêque. "On a moins accès aux chiffres que dans un pitch classique. C'est plus léger. C'est ce qui explique que l'essentiel des questions que l'on voit lors de la diffusion de l'émission portent sur le produit, la distribution et peu sur le modèle économique." Sans donner de nom, le co-fondateur du vélo connecté Angell confirme ainsi qu'il n'a pas réalisé un investissement promis et qu'un autre projet reste en suspens. Avant le dernier épisode, Marc Simoncini s'était engagé sur 585 000 euros dans six entreprises.

Les entrepreneurs ont donc surtout laissé leur intuition parler pour coller aux codes de la TV. "Pour bon nombre d'entre eux, j'ai fait ces investissements à l'instinct", confirme Eric Larchevêque. "C'est un exercice difficile car ça nous force à aller plus vite, à anticiper la pertinence du projet, à détecter la capacité de l'entrepreneur à répondre à des questions déstabilisatrices". L'ingénieur de formation confie qu'il a finalement investi avec son argent personnel "plus que ce qu'il n'imaginait". Il est aujourd'hui présent au capital de "moins d'une dizaine de startups", issues ou non de "Qui veut être mon associé".

Comme Eric Larchevêque, Marc Simoncini assure que la production ne lui a pas demandé d'engagement financier minimum au cours du programme. "Je n'ai pas déterminé d'enveloppe à l'avance. Ce sont plus des tickets coups de coeur sur le produit et la personnalité du porteur de projet". Pour une saison 2 — pas encore actée par M6 — l'entrepreneur n'est pas certain de rempiler si on lui propose : "Pourquoi mais il faudrait peut être laisser la place aux jeunes, mettre de novelles têtes".

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