Un rapport a recensé 1454 filiales d'entreprises du CAC 40 dans des paradis fiscaux

Le canal de Panama. REUTERS/Carlos Jasso

Le CAC 40 et les paradis fiscaux, une histoire d’amour qui dure… C'est ce que dénonce une étude de l'ONG Oxfam et du Bureau d'Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne (Basic), publiée ce lundi. En 2016, ces sociétés de l'indice phare de la Bourse possédaient, au total, 1454 filiales dans des zones à la fiscalité douce, soit 36 chacune en moyenne.

Et encore, ce chiffre est sous-estimé. Car près des deux tiers des sociétés du CAC 40 (25 plus exactement) ne publient qu'une liste incomplète de leurs filiales, déplore Oxfam. Une autre, Airbus, ne dévoile même aucun détail à ce sujet. Secret-défense?

La palme des amateurs de paradis fiscaux revient au roi du luxe LVMH, avec 234 filiales recensées dans ces zones en 2016. Soit 76 de plus qu’en 2008, et 28% de l’ensemble des filiales du groupe dirigé par le milliardaire Bernard Arnault. Suivent 3 banques: BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole. On retrouve aussi, dans le top 10, le géant pétrolier Total, le spécialiste de l’immobilier commercial Unibail-Rodamco, le distributeur Carrefour, le constructeur automobile PSA…

Evidemment, les sociétés pointées du doigt ne manqueront pas de souligner les limites de cette étude, à commencer par la définition même de paradis fiscal, qui prête à débat. Sachant qu'Oxfam a opté pour une liste relativement large, incluant 58 juridictions dont la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg… Trois pays qui regroupent d'ailleurs la moitié des filiales de groupes du CAC 40.

Il n’empêche: si ces 3 pays ne sont pas aussi exotiques que les îles Caïmans ou le Panama, ils sont tout de même régulièrement sous le feu des critiques pour leurs accords fiscaux très favorables. Capital avait ainsi détaillé récemment comment plusieurs grandes groupes français, dont Vinci et Carrefour, profitaient d’une niche fiscale en Belgique.

Autre bémol: une présence dans des paradis fiscaux ne constitue pas une preuve d’évasion ou d'optimisation fiscale. Ces sociétés peuvent en effet très bien y avoir des activités commerciales. Reste que, selon Oxfam, "dans un certain nombre de cas, l’implantation d’une filiale dans un paradis fiscal semble (...) totalement déconnectée de l’activité économique réelle qu’elle peut y mener". L’ONG cite notamment LVMH, qui "possède (...) 37 filiales à Hong Kong, soit presque autant que dans toute la Chine (43 filiales); en comparaison, il ne possède que 34 filiales en Italie, pays d’origine de certaines de ses marques emblématiques". Autre exemple: "la Société générale a généré en 2015 10% de ses bénéfices totaux au Luxembourg (...) avec seulement 1% de ses employés". De quoi faire réfléchir…

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