Le rapport SNCF prône le remplacement de 10.000 km de lignes de train par le bus — voici toutes celles qui sont visées

Une entrée de train dans la gare de Villefranche-du-Périgord. Wikimedia Commons/CC/MOSSOT

  • Le rapport pour la réforme de la SNCF préconise de cesser l'exploitation de 10.000 kilomètres de petites lignes peu fréquentées en France.
  • Il propose de les remplacer par des lignes de bus.

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre des Transports Elisabeth Borne entament ce lundi une série de rencontres avec les dirigeants et les organisations syndicales de la SNCF pour débattre des conclusions du rapport Spinetta sur la réforme du rail français.

Jean-Cyril Spinetta, l'ancien PDG d'Air France-KLM, a remis son rapport au Premier ministre sur "l'avenir du transport ferroviaire", jeudi 15 février 2018.

Ce rapport de 120 pages a pour vocation de proposer une transformation du réseau SNCF afin de réaliser des améliorations sur la qualité du réseau mais aussi des économies, notamment grâce à une meilleure allocation des ressources publiques. 

Sur ce sujet, le rapport Spinetta suggère de cesser d'exploiter de nombreuses lignes très peu fréquentées, mais qui coûtent cher:

"10.000 kilomètres du réseau le moins circulé ne supportent que 2% du trafic voyageurs", souligne le rapport.

Ces petites lignes sont celles classées entre 7 et 9 sur la classification UIC (Union Internationale des Chemins de fer). Leur coût de fonctionnement et de maintenance revient à 1,78 milliard d'euros par an, soit  17% de la totalité des dotations annuelles publiques à la SNCF (10,5 milliards).

Voici la carte des lignes dont le rapport Spinetta préconise de cesser l'exploitation: 

Carte de France des Lignes de catégorie UIC 7-9 datant (2013). En jaune, les lignes à moins de 20 trains par jour, en bleu, les lignes à plus de 20 trains. Source: SNCF.

En contrepartie, le rapport Spinetta afffirme que "la route offre des alternatives pertinente":

"Le transfert sur route d’un service ferroviaire de voyageur en zone peu dense permet une économie de 70 à 80% selon le niveau de service retenu pour les autocars, soit 700 à 800 millions d'euros."

Le transport en bus et car est cher au président Emmanuel Macron. Alors qu'il était encore ministre de l'Economie en 2015, il avait libéralisé le marché du transport en autocar pour proposer des alternatives moins chères au transport ferroviaire.

Des mesures qui vont "à l’encontre des objectifs de préservation de la planète et de lutte contre les embouteillage", juge auprès de Sud Ouest le président de l'association d'usagers du train Périgord Rail Plus, Jean-François Martinet, dont la région serait particulièrement touchée par les mesures du rapport SNCF, et qui s'oppose à la fermeture de ces petites lignes.

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