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'Ratched' sur Netflix : un fourre-tout parfois indigeste sauvé par ses actrices

'Ratched' sur Netflix : un fourre-tout parfois indigeste sauvé par ses actrices
Sarah Paulson dans "Ratched". © Netflix

Une nouvelle production Ryan Murphy débarque sur Netflix. Ce vendredi 18 septembre, la plateforme met en ligne la troisième série du prolifique producteur, après "The Politician" et "Hollywood". "Ratched", revient en huit épisodes sur la vie de l'infirmière du même nom, antagoniste emblématique de "Vol au-dessus d'un nid de coucou", roman de Ken Kesey adapté au cinéma par Miloš Forman en 1975. Mais ne cherchez pas ici de rapport avec le personnage interprété par Louise Fletcher dans le film face à Jack Nicholson.

Dans ce prequel qui débute en 1947, Mildred Ratched, interprétée par Sarah Paulson, est une jeune infirmière au passé trouble qui se fait embaucher dans un hôpital psychiatrique de Californie. Ses intentions ne sont pas immédiatement claires, mais on comprend vite que Mildred cherche à infiltrer l'institution, dirigée par le docteur Hanover aux méthodes peu conventionnelles, secondé par la sévère infirmière Betsy Bucket (Judy Davis).

Contrairement au film "Vol au-dessus d'un nid de coucou", qui se concentre sur la cruauté du système psychiatrique américain, et dans lequel l'infirmière Ratched est une figure bureaucratique froide, la série est un fourre-tout exubérant typique des productions Ryan Murphy. Le producteur, connu pour "Nip/Tuck" "American Horror Story" ou encore "Feud", n'a signé aucun des scénarios, mais sa patte visuelle — il réalise notamment le premier épisode — est bien présente.

On retrouve des décors impressionnants, entre des villas dignes de l'âge d'or d'Hollywood et un hôpital psychiatrique qui ressemble plutôt à un hôtel de luxe art déco. On en prend plein les yeux aussi avec les costumes. Sarah Paulson est habillée de tailleurs impeccables, et les uniformes des infirmières ressemblent à des tenues de haute couture.

Des intrigues décousues

Autour de Mildred Ratched gravite une galerie de personnages et d'intrigues qui paraissent décousues. On a d'un côté le dangereux tueur en série Edmund Tolleson (joué par Finn Wittrock, déjà vu dans plusieurs séries de Ryan Murphy), enfermé dans les sous-sols de l'hôpital en attendant sa condamnation à mort. On a ensuite le docteur Hanover, qui multiplie les expériences de plus en plus barbares sur ses patients.

À cela s'ajoute la riche Lenore Osgood (Sharon Stone), dont le fils a été rendu handicapé par Hanover et qui cherche à se venger. Enfin, on a le gouverneur de Californie, qui s'intéresse de près à l'hôpital, car il veut faire de la lutte contre les maladies mentales un des axes de sa campagne de réélection. A ses côtés, Gwendolyn Briggs (Cynthia Nixon, Miranda de "Sex and the City"), qui gère sa communication et va commencer à être attirée par Mildred. Si l'infirmière rejette Ses avances dans un premier temps, elle finit par réaliser que l'attirance est réciproque.

Cette accumulation d'histoires rend le début de "Ratched" indigeste. On ne sait pas dans quelle direction part le récit imaginé par Evan Romansky, co-créateur de la série. Ce n'est que dans la deuxième moitié de la saison, une fois que la série se concentre sur son sujet principal, Mildred, qu'elle devient intéressante.

Ryan Murphy soigne ses actrices

Le jeu de Sarah Paulson parvient à nous impliquer dans l'histoire tragique et l'ambivalence du personnage. Son duo avec Cynthia Nixon fonctionne bien, tout comme son opposition face à Judy Davis. Comme souvent, Ryan Murphy soigne ses actrices. Seul regret, le fait que Sharon Stone soit sous-utilisée dans un rôle caricatural de mère froide et toxique, déjà vu dans d'autres séries du créateur et notamment joué par Jessica Lange.

"Ratched" a d'ailleurs des airs d'"American Horror Story", l'anthologie d'horreur dans laquelle Ryan Murphy s'amuse année après année à montrer frontalement ce que la société américaine cherche à cacher. La saison deux traitait d'ailleurs déjà d'un asile psychiatrique. On y trouve, dans "Ratched", les mêmes excès — avec des scènes de sexe et de violence volontairement exagérées — et les même faiblesses — des histoires qui ne tiennent pas vraiment debout. Heureusement, "Ratched" offre une fin de saison satisfaisante, avant une saison deux déjà annoncée.

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