Un startuppeur réplique vivement au président du Medef qui laisse croire que des entrepreneurs vont quitter la France

Romain David, cofondateur de Wisembly. YouTube/B2B Rocks

Pierre Gattaz, le président du Medef — le syndicat des chefs d'entreprises — a profité de l'ouverture de l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines) pour mettre une nouvelle fois la pression au Gouvernement au sujet de la réforme du Code du travail, une méthode qui n'a pas du tout plus à un startuppeur.

Dans une interview au Parisien, Pierre Gattaz se montre plutôt menaçant pour obtenir satisfaction — notamment sur la question de la négociation directe au sein des entreprises, principal point de friction:

"Un patron ne défile pas dans la rue, il ne fait pas grève. Mais ce serait terrible car un entrepreneur, il se démotive ou il s’exile."

Une déclaration qui a choqué Romain David, cofondateur de Wisembly, une application collaborative pour les réunions en entreprise. Dans un post Facebook à l'adresse de Pierre Gattaz, il lui reproche de faire passer les entrepreneurs pour des voleurs.

"Vous vous plaignez régulièrement, à juste titre d'ailleurs, que l'image des entrepreneurs et des patrons est mauvaise en France. Comment pourrait-il en être autrement si vous nous faites passer pour des voleurs en une du Parisien?"

Il regrette que le président du Medef fasse du chantage à l'argent et à l'emploi.

"Si on a été mauvais, si on n'a pas su recruter, si le marché auquel on s'est attaqué s'est avéré trop petit, bref si on s'est planté, on devrait "prendre" tout cet argent sans dire merci et partir à l'étranger ?", interroge Romain David.

Le chef d'entreprise ne se reconnaît tout simplement pas dans le portrait dressé par le patron des patrons.

"Je ne sais pas qui sont les entrepreneurs que vous représentez mais sachez que les autres ont un sens des responsabilités qui va au delà de leur porte-monnaie."

Romain David enfonce le clou en dressant la liste des aides publiques qu'il a reçu pour monter son entreprise — "plusieurs centaines de milliers d'euros en partie financé par l'impôt" — et qui selon lui impose des devoirs.

"Si on a été persévérant et que notre entreprise a fait un carton, on devrait "prendre" tout cet argent sans dire merci et partir à l'étranger en refusant de ré-investir le fruit de nos efforts dans un système qui a contribué à notre réussite?", demande l'entrepreneur à Pierre Gattaz.

Le président Emmanuel Macron a promis de faire de la France la nation des startups en encourageant les entrepreneurs et tous ceux qui prennent des risques.

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