Les relations se tendent entre les constructeurs Renault et Nissan — voici les 2 principaux points de crispation

Hiroto Saikawa, le directeur général de Nissan. REUTERS/Toru Hanai

La tension monte d'un cran entre Renault et Nissan. Les derniers rebondissements depuis l'arrestation de Carlos Ghosn au Japon, le 19 novembre, montrent que les deux partenaires sont plus que jamais en froid.

Ce lundi, le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, a adressé une fin de non-recevoir à Renault, qui demandait la convocation d'une assemblée générale extraordinaire des actionnaires du constructeur.

Thierry Bolloré, le directeur général adjoint du groupe automobile français, a adressé vendredi une lettre formulant cette demande à Hiroto Saikawa, le directeur général du constructeur nippon. Selon Le Figaro, le dirigeant français estime que l'inculpation de Nissan en tant que personne morale représente "de sérieux risques pour l'entreprise". 

Le 10 décembre, le PDG de l'alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a été inculpé au Japon pour avoir minoré ses revenus de 2010 à 2015, mais le constructeur japonais a aussi été mis en examen pour publications de fausses déclarations financières.

Le groupe au losange, détenteur de 43,4% du capital de Nissan, souhaitait donc une réunion pour que soient clarifiés les problèmes de gouvernance révélés par cette affaire.

Pas question pour Hiroto Saikawa, qui prévoit de réunir les actionnaires seulement quand le conseil d'administration aura proposé des réformes fondées sur les recommandations, attendues fin mars, du comité spécial formé pour améliorer la gouvernance du groupe, précise Reuters.

En attendant, le conseil d'administration de Nissan a échoué à nommer un nouveau président, alors que l'entreprise avait fixé la date du 17 décembre pour trouver un remplaçant à Carlos Ghosn, évincé de la tête du groupe. 

Hiroto Saikawa a annoncé que Nissan ne se fixait pas de date butoir pour désigner un nouveau président, alors qu'un comité consultatif est désormais chargé de proposer un nom pour la présidence du conseil d'administration.

Le détail des accusations encore méconnu

Renault, de son côté, a maintenu officiellement Carlos Ghosn à sa tête, mais le gouvernement français serait à la recherche de candidats pour lui succéder. Le nom du patron de Michelin, Jean-Dominique Senard, circulait dans différents journaux ce lundi.

Autre point de crispation entre Nissan et Renault, le constructeur nippon a transmis à son partenaire français le détail de ses accusations à l'encontre de Carlos Ghosn, écarté pour malversations financières. Et Hiroto Saikawa exhorte les administrateurs de Renault à en prendre connaissance, selon Reuters. 

"Nous espérons que le conseil d'administration (de Renault) écoutera nos explications", a-t-il notamment déclaré ce lundi. Renault refuserait pour le moment que ses administrateurs soient informés dans le détail et préférerait, notamment pour des raisons juridiques, que les échanges d'informations se fassent uniquement par avocats interposés.

"D'après ce que nous comprenons, les détails bruts de la malversation n'ont pas encore été communiqués à chacun des membres du conseil d'administration de Renault", a ajouté Hiroto Saikawa, rapporte Reuters.

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