Tsunekazu Takeda, président du comité olympique japonais à Monaco, le 8 décembre 2014. REUTERS/Eric Gaillard

L'obtention de l’organisation des Jeux olympiques 2020 par Tokyo est-elle entachée d'irrégularités ? Et si oui, qui était au courant ? La justice française essaye de répondre à ces questions depuis trois ans et l'ouverture d'une enquête sur des soupçons de corruption dans ce dossier. Des soupçons qui semblent se révéler exacts.

Le Monde annonce ce vendredi que Tsunekazu Takeda, le président du comité olympique japonais, a été mis en examen par le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke, pour "corruption active". Principal artisan de la victoire japonaise face à Istanbul et Madrid, les deux autres villes finalistes, il est soupçonné d'avoir autorisé le paiement de pots-de-vin, qui auraient permis à Tokyo d'acheter des voix (notamment de pays africains) pour faire la différence lors du vote pour choisir la ville hôte des prochains JO d'été.

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2 virements de 1,8 million d'euros dans le viseur

Au cœur de cette affaire, on retrouve Papa Massata Diack, explique le Monde. Fils de Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale d'athlétisme, il est déjà impliqué dans plusieurs scandales de corruption dans le sport. Papa Massata Diack aurait reçu de nombreux transferts d'argent de la part de Black Tidings. Cette structure basée à Singapour aurait reçu deux virements de la part du comité olympique japonais pour un montant total d'1,8 million d'euros en 2013, quelques mois avant le vote pour choisir la ville hôte des JO, pour la commande de prétendus rapports.

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La justice française tente de comprendre la raison de ces virements à Black Tidings. Et surtout si le lobbying de Lamine Diack a ensuite pu peser dans la décision des pays africains concernés : le père de Papa Massata Diack a annoncé à plusieurs représentants de pays africains sa préférence pour Tokyo pour organiser les JO, après que son fils a reçu cet argent...

Les explications fournies par Tsunekazu Takeda, auditionné dans cette affaire le 10 décembre à Paris, n'ont en tout cas pas convaincu le juge Renaud Van Ruymbeke. Sa mise en examen vient jeter le trouble à un an et demi des JO de Tokyo, dont le coup d'envoi est prévu le vendredi 24 juillet 2020.

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