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Renault annonce la suppression de 15 000 emplois dans le monde

Renault annonce la suppression de 15 000 emplois dans le monde
Le constructeur automobile Renault annonce 15 000 suppressions de postes dans le monde dont 4 600 en France. © Getty Images/SOPA Images

Les mauvaises nouvelles pour l'emploi continuent en France, la crise économique pointant le bout de son nez après la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Ce vendredi 29 mai, c'est au tour du constructeur automobile français Renault, en difficulté financière, d'annoncer la suppression d'environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 postes en France, dans le cadre d'un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans. "Ce projet est vital", a déclaré la directrice générale Clotilde Delbos, citée dans un communiqué.

Renault, qui souffre de surcapacités de production au niveau mondial, avait annoncé en février ses premières pertes en dix ans, entrant affaibli dans la crise provoquée par l'épidémie de Covid-19. Le plan prévoit "près de 4 600" postes supprimés en France, sur 48 000, et "plus de 10 000" dans le reste du monde. Il s'appuie "sur des mesures de reconversion, de mobilité interne et des départs volontaires", a précisé Renault. Aucun licenciement sec n'est donc annoncé. Au total, le constructeur aux cinq marques (avec Alpine, Dacia, Lada et Samsung Motors) compte supprimer environ 8% de ses effectifs dans le monde (180 000 salariés).

4 sites de production de Renault dans la balance

En France, le plan devrait affecter quatre sites, dans des conditions qui restent en partie à définir : Caudan (Morbihan), Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Dieppe (Seine-Maritime) et Maubeuge (Nord). Le projet inclut l'arrêt de la production automobile à Flins (Yvelines), à la fin de la Zoe, c'est-à-dire après 2024. L'usine, qui compte actuellement 2 600 salariés, sera reconvertie et récupèrera l'activité du site de Choisy-le-Roi, qui emploie 260 personnes dans le recyclage de pièces.

L'avenir de Fonderie de Bretagne, avec près de 400 salariés à Caudan, reste en suspens avec une "revue stratégique" annoncée. Même chose pour l'usine de Dieppe, qui emploie aussi près de 400 personnes : le groupe indique ouvrir "une réflexion sur la reconversion de l'usine, à la fin de la production de l'Alpine 110".

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À l'international, Renault annonce la "suspension des projets d’augmentation de capacités prévus au Maroc et en Roumanie". Il indique étudier "l'adaptation des capacités de production en Russie et la rationalisation de la fabrication de boîtes de vitesse dans le monde". Au total, la réduction de l'outil industriel permettra de réduire les coûts fixes de l'entreprise de 650 millions d'euros par an.

2,15 milliards d'économie par an sur les coûts fixes

En outre, le constructeur prévoit 800 millions d'euros de réduction de coûts dans l'ingénierie, évoquant "l'optimisation de l'utilisation des centres de R&D à l'étranger et de la sous-traitance". Il annonce une réorganisation des activités de son technocentre à Guyancourt (Yvelines). Enfin, des économies de 700 millions d'euros sont prévues dans les frais généraux, marketing et autres fonctions support. Renault précise que la mise en œuvre du plan coûtera 1,2 milliard d'euros, pour environ 2,15 milliards d'économie annuelle sur ses coûts fixes.

Après des rumeurs dans la presse évoquant la fermeture de sites français, le président de la République Emmanuel Macron avait réclamé mardi 26 mai 2020 "des garanties" pour l'avenir des salariés. Il avait mis la pression sur Renault en avertissant qu'un prêt garanti par l'État de 5 milliards d'euros ne serait pas signé avant la tenue de discussions en début de semaine prochaine. Premier actionnaire du constructeur automobile avec 15% de son capital, l'État a en effet son mot à dire dans les décisions prises par le groupe au losange.

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