Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, a été arrêté au Japon — il pourrait être démis de sa fonction de président de Nissan

Carlos Ghosn, le PDG de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, le 1er octobre 2018. REUTERS/Regis Duvignau

Carlos Ghosn, le PDG de Renault et président non-exécutif du japonais Nissan dans le cadre de l'alliance entre les deux constructeurs, a été arrêté par le parquet de Tokyo, au Japon, selon le quotidien nippon Yomiuri.

Il fait l'objet de poursuites pour "violation présumée de la réglementation japonaise sur les instruments financiers et les changes", rapporte le site internet du journal Asahi Shimbun.

Carlos Ghosn aurait sous-évalué sa rémunération chez Nissan — qui s'élevait à près de 10 milliards de yens — de cinq milliards de yens, soit près de 39 millions d'euros, selon l'agence de presse japonaise Jiji, rapporte Reuters. Il aurait accepté de collaborer avec la justice.

Nissan a précisé de son côté, dans un communiqué publié lundi matin, que Carlos Ghosn a déclaré "pendant de nombreuses années des montants inférieurs" à ceux qu'il percevait réellement. Le constructeur ajoute que "de nombreuses autres fautes graves ont également été découvertes, telles que l'utilisation à des fins personnelles des actifs de la société".

Nissan a fourni des informations au Parquet japonais et indique "pleinement coopéré à son enquête". Son directeur général, Hiroto Saikawa, va proposer au conseil d'administration de démettre Carlos Ghosn de ses fonctions au sein de la société.

Dans l'après-midi, Mitsubishi — qui a rejoint l'alliance entre Renault et Nissan en 2016 — a également annoncé son intention de démettre le dirigeant français de ses fonctions de président du conseil d'administration.

A la clôture de la Bourse de Paris, lundi 19 novembre, le titre Renault plongeait de 8,43%, à 59,06 euros, pour toucher un plus bas depuis octobre 2014.

Cours de l'action Renault à la clôture de la Bourse de Paris, lundi 19 novembre 2018. Investing

Renault détient 43,4% de Nissan, qui possède en retour 15% de Renault, rappelle Reuters, ce qui fait du groupe japonais le deuxième actionnaire du constructeur français en termes d'actions, derrière l'Etat français qui détient 15,01% du capital.

Emmanuel Macron a réagi brièvement à cette affaire. "Il est trop tôt pour se prononcer sur la réalité et la matérialité de faits sur lesquels je ne dispose pas d'éléments supplémentaires", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Par contre, l'Etat en tant qu'actionnaire sera extrêmement vigilant à la stabilité de l'alliance et au groupe", a-t-il ajouté.

Carlos Ghosn a été renouvelé en juin dernier par l'assemblée générale de Renault, pour un mandat de quatre ans. Il a nommé un numéro deux en la personne de Thierry Bolloré et avait assuré qu'il oeuvrerait pour renforcer l'alliance tout en préparant la relève.

Carlos Ghosn est très apprécié au Japon pour être parvenu à relever Nissan, au bord de la faillite en 1999, quand Renault est entré à son capital.

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