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Renault pourrait arrêter la production de l'usine de Flins et fermer trois autres sites en France

Renault pourrait arrêter la production de l'usine de Flins et fermer trois autres sites en France
L'usine de Flins de Renault, dans les Yvelines. © Christophe Morin/Bloomberg via Getty Images

Les temps sont durs pour Renault. Le constructeur français envisage d'arrêter définitivement la production automobile à l'usine de Flins (Yvelines) qui assemble la citadine électrique Zoe et la Nissan Micra, selon une source proche du dossier interrogée par l'AFP, confirmant partiellement une information du Canard Enchaîné. Le groupe au losange doit dévoiler le 29 mai 2020 les contours d'un vaste plan d'économie de 2 milliards d'euros annoncé en février.

"Quatre usines seraient fermées en France : Choisy-le-Roi, Dieppe et les Fonderies de Bretagne, pour commencer. Le gros morceau — Flins (....) — viendra plus tard", affirme Le Canard Enchaîné, sans citer de source. À Flins, il ne s'agit toutefois pas d'une fermeture mais de l'arrêt de la production automobile pour consacrer le site à une autre activité, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier. Une deuxième source a confirmé que la fermeture pure et simple de l'usine n'était pas d'actualité, sans exclure qu'elle ait été envisagée.

Interrogée, la direction de Renault n'a pas souhaité faire de commentaire. Même silence au ministère de l'Economie. Inaugurée en 1952, l'usine de Flins-sur-Seine a vu passer une vingtaine de modèles emblématiques de la marque, dont la Dauphine, la R4 et la R5. Dernièrement, elle assemblait les citadines Zoe (électrique) et Micra (du partenaire Nissan) avec 2 600 salariés. Le site a produit l'an dernier 160 000 véhicules dont des Renault Clio, un modèle désormais entièrement délocalisé en Turquie.

Des pertes avant le coronavirus

L'usine de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) emploie de son côté 263 personnes dans la réparation de moteurs et boîtes de vitesse utilisés comme pièces de réemploi. Celle de Dieppe (Seine-Maritime) compte 386 salariés et assemble le modèle Alpine A110, un coupé sportif aux ambitions haut de gamme très peu vendu. La cadence de production avait été réduite à 7 véhicules par jour en début d'année. Enfin, la fonderie de Bretagne à Caudan (Morbihan), produit des pièces en fonte pour moteurs, châssis et boîtes de vitesse, avec 385 salariés.

En difficulté avant même la crise du coronavirus qui a provoqué un effondrement du marché automobile, Renault avait enregistré l'an dernier ses premières pertes en dix ans. L'arrêt de l'activité provoquée par la pandémie n'a fait qu'aggraver la situation. Le constructeur a vu début avril sa notation financière abaissée au rang d'investissement spéculatif par l'agence Standard and Poor's.

Un prêt garanti de 5 Mds€ n'empêchant pas des suppressions d'emplois

L'Etat français, premier actionnaire de Renault avec 15% du capital, a accepté de voler au secours de l'entreprise en garantissant un prêt bancaire d'environ 5 milliards d'euros. Ce prêt garanti par l'Etat, et approuvé par l'Union européenne, était tout proche d'être signé mardi soir, selon une source.

La directrice générale par intérim, Clotilde Delbos, avait indiqué fin avril que ce prêt ne remettait pas en cause le plan d'économies de Renault, ni d'éventuelles suppressions d'emplois, la seule condition fixée par le gouvernement étant le renoncement aux dividendes versés aux actionnaires cette année. Dès février, la direction avait évoqué la possibilité de fermer des sites en France et à l'étranger lors de la présentation des résultats annuels. "Nous n'avons aucun tabou et nous n'excluons rien", avait déclaré Clotilde Delbos.

Plan de redressement chez son partenaire Nissan

Renault, avec ses alliés Nissan et Mitsubishi, doit annoncer un plan stratégique pour l'alliance franco-japonaise le 27 mai qui prévoit un accroissement des synergies. L'idée est de confier à l'une des entreprises un leadership pour une région ou une technologie donnée, sur lequel les autres partenaires devraient s'appuyer, afin d'éviter des développements en doublon.

Le lendemain, Nissan doit présenter son plan de redressement en même temps que ses résultats annuels 2019-2020 (clos le 31 mars) attendus dans le rouge. Le plan d'économie de Renault doit suivre un jour plus tard. Contactées par l'AFP, la CFDT et la CGT du groupe au losange ont indiqué n'avoir "pas d'informations précises" sur ce plan. Un comité central social et économique (CCSE) de Renault est prévu le 28 mai au soir, avant la tenue d'un conseil d'administration, selon des sources syndicales.

"Il y a des discussions. Rien n'est figé", a toutefois souligné une source proche du dossier, sous couvert d'anonymat. Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a réagi mercredi 20 mai au micro de RTL en jugeant "impensable" que la direction de Renault veuille fermer quatre sites en France, alors que le gouvernement "veut réindustrialiser le pays".

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