Le tribunal de commerce enterre l'idée d'un grand leader français du jouet et confie la destinée de Toys'R'Us au groupe Auchan

REUTERS/Christinne Muschi

C'est la fin de l'incertitude pour les activités françaises du géant déchu du jouet Toys'R'Us. Après avoir étudié les trois offres de reprises en lice mercredi dernier, le tribunal de commerce d'Evry dans l'Essonne a désigné ce lundi la société Jellej Jouet pour reprendre Toys'R'Us France, en redressement judiciaire depuis juillet.

Créée le mois dernier, la société Jellej Jouet est détenue à 10% par son président, l'industriel Tony Lesaffre, et à 90% par le fonds américain Cyrus Capital, qui est par ailleurs créancier de la maison-mère de Toys'R'Us, en liquidation. Jellej Jouet est également associée à Picwic, l'enseigne de jouets du groupe Auchan (galaxie Mulliez) qui partagera son expérience de plus de 40 ans dans le secteur du jouet. 

Jellej Jouets dispose d'une enveloppe de plus de 120 millions d'euros, comprenant "notamment, la mise à disposition d’une ligne d’investissement de plus de 70 millions d'euros pour sécuriser la fin d’année et pouvoir enclencher très rapidement la saison de Noël. Nous prévoyons également d’investir 19 millions d'euros sur trois ans dans la rénovation des magasins, l'informatique et le digital", expliquait récemment Nathalie Peron-Lecorps, directrice générale de Picwic à LSA

 Le projet prévoit la reprise de 44 magasins sur 53 et de 1036 salariés (sur un peu plus de 1150), le maintien du siège et du centre logistique de Toys'R'Us à Saint-Fargeau-Ponthierry en Seine-et-Marne et la garantie de préserver les emplois pendant deux ans.

Un magasin pour jouer

Personnes jouant au Monopoly. Pixabay/lucasdj

L'ambition pour Picwic est de former avec Toys'R'Us un nouveau leader du secteur qui ne proposera plus un magasin de jouets, mais un magasin "pour jouer", faisant la part belle aux expériences de jeux et ateliers à faire en famille. Une stratégie d'innovation qui sonne comme une réponse à Amazon, pour capitaliser sur les points de ventes physiques. 

Deux autres offres de reprises étaient sur la table. D'une part celle de Pierre Mestre, fondateur d'Orchestra (spécialiste des vêtements enfants et du matériel de puériculture) qui voulait proposer sous le même toit tout l'univers des produits pour les enfants.

D'autre part la proposition de Michel Ohayon, patron de la Financière immobilière bordelaise (FIB) dont le soutien au groupe La Grande Récré a été validé le 2 octobre par le tribunal de commerce de Paris. Michel Ohayon proposait également de reprendre les magasins Toys'R'Us pour les faire passer sous l'enseigne La Grande Récré. Ensemble, les deux réseaux auraient pesé 20% du marché français du jouet, et atteint une taille critique pour affronter le commerce en ligne. 

C'est finalement Picwic qui aura la tâche de redresser Toys'R'Us et remotiver rapidement les équipes avant le début de la saison de Noël, saison cruciale pendant laquelle est réalisée 50% du chiffre d'affaires annuel. 

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