L'amende de la Cnil pose problème à Google — et ce n'est pas vraiment à cause du montant

Junior Johnson face à la foule dans "Black-ish", saison 1 épisode 15. ABC/Black-ish

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a infligé une amende record de 50 millions d'euros à Google pour la manière dont le géant américain des nouvelles technologies traite les données de ses utilisateurs.

Il s'agit de la plus forte amende imposée à ce jour à une entreprise en application du règlement général sur la protection des données (RGPD). 

Néanmoins, Google risquait jusqu'à 4% de son chiffre d'affaires mondial selon les manquements constatés, sur la transparence et le consentement. Cette amende se serait alors élevée à 3,2 milliards d'euros Alphabet, la maison-mère de Google ayant déclaré un chiffre d'affaires en 2017 de 100 milliards de dollars, soit 80 milliards d'euros.

Les 50 millions d'euros sont donc une goutte d'eau pour Google qui ne devra payer que si la cour d'appel lui donne tort. 

Pour Alexandre Lazarègue, avocat, expert en données personnelles, c'est bien la publicité autour de ce type d'affaires que redoute Google.

"On aurait pu s'attendre à une plus lourde sanction compte tenu des graves manquements relevés par la Cnil. C'est faible pour Google qui n'est pas prêt de les payer. Au-delà de l'amende, ils sont gênés par la communication publique qui jette l'opprobre sur Google et son respect de la vie privée", explique Alexandre Lazarègue à Business Insider France.

Pour l'avocat, cette décision change le rôle de la Cnil alors que les plaintes d'individus sur la protection des données personnelles est en hausse.

"On le voit avec les Gilets jaunes et avec la fiscalité : les GAFA font partie des débats dans la société. Je ne présage pas ce qu'il va se passer mais on peut s'attendre à ce que la Cnil épingle d'autres géants de la tech, en passant d'un rôle d'autorité de régulation à celle de sanction."

Après un appel devant un tribunal judiciaire, Google a la possibilité de déposer un recours devant la cour de cassation puis la cour européenne des droits de l'homme. La conclusion de cette affaire pourrait donc prendre plusieurs années.

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