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Richard Ferrand entend rester président de l'Assemblée malgré sa mise en examen

Richard Ferrand entend rester président de l'Assemblée malgré sa mise en examen
© REUTERS/Charles Platiau/FIle Photo

L'entourage de Richard Ferrand martèle ce jeudi matin qu'il ne faut pas perdre de vue la présomption d'innocence. Le président de l'Assemblée nationale a en effet été mis en examen par les juges enquêtant à Lille sur l'affaire des Mutuelles de Bretagne, ont indiqué ses services dans un communiqué diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi. Une source judiciaire a confirmé à Reuters que Richard Ferrand a été placé en examen pour "prise illégale d'intérêts" après avoir été entendu pendant de longues heures mercredi dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en janvier 2018 à la demande du Parquet national financier (PNF) et confiée à des magistrats lillois.

Le communiqué indique que Richard Ferrand "prend acte de cette mesure procédurale qui va lui permettre de pouvoir se défendre dans ce dossier en bénéficiant de tous les droits attachés". Mais surtout, qu'il assure être "déterminé à poursuivre [sa] mission". Il reste "serein sur l'issue de la procédure, au regard du classement sans suite de l'ensemble des griefs de la première plainte le 13 octobre 2017, d'autant plus qu'aucun élément nouveau n'a été versé à ce dossier", est-il ajouté. En clair, Richard Ferrand devrait rester à la présidence de l'Assemblée nationale...

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, est monté au créneau ce jeudi matin sur Europe 1 pour défendre le député et rappeler que celui-ci est "présumé innocent". "On est dans une société où (...) dès que vous êtes impliqué dans une procédure, on vous cloue au pilori. On peut peut-être avoir un peu de calme, savoir raison garder", a-t-elle déclaré. Emmanuel Macron aurait lui-même assuré Richard Ferrand de son soutien après son audition mercredi, selon franceinfo qui a contacté l'entourage du président de l'Assemblée.

Gilles Le Gendre, à la tête du groupe La République en marche (LaRem) au Palais-Bourbon, s'est lui aussi prononcé pour le maintien de celui-ci à la présidence de l'Assemblée. "Aucun doute que l'examen des faits démontrera son intégrité", a-t-il écrit sur Twitter. "Il bénéficie toujours de la présomption d'innocence et doit rester président @AssembleeNat où il jouit de la confiance et de l'estime d'une très large majorité de députés".

Une affaire qui avait déjà coûté à Richard Ferrand son poste de ministre

L'ouverture de l'information judiciaire pour prise illégale d'intérêts fait suite à une plainte avec constitution de partie civile déposée en novembre 2017 par l'association Anticor. Après cinq mois d'enquête, une première plainte avait été classée sans suite par le procureur de Brest, pour qui "aucune infraction au code de la mutualité (n'avait) été établie". Le parquet de Brest avait ouvert le 1er juin 2017 cette procédure pour déterminer s'il y avait lieu ou non de poursuivre Richard Ferrand pour avoir permis à la société immobilière de sa compagne, Sandrine Doucen, d'emporter en 2011 un marché immobilier lors de la location d'un local commercial par les Mutuelles de Bretagne, qu'il a dirigées de 1998 à 2012.

L'affaire a déjà coûté un poste de ministre à ce fidèle soutien d'Emmanuel Macron, qui a démissionné un mois à peine après sa nomination au début du quinquennat. L'élu breton, passé par le Parti socialiste avant de se rallier à la Macronie, a toujours assuré n'avoir "rien commis d'illégal ni d'immoral".

Business Insider
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