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Robot-mule, shrapnel anti-drone... 5 innovations technologiques portées par l'armée allemande

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Robot-mule, shrapnel anti-drone... 5 innovations technologiques portées par l'armée allemande
Le robot-mule autonome Mission Master XT peut évoluer sur les terrains les plus accidentés en embarquant 1 000 kg de charge utile. © Rheinmetall/Capture d'écran YouTube
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L'Allemagne, qui devance la France en termes de dépenses militaires, augmente d'année en année l'enveloppe allouée à ses forces armées. Entre 2011 et 2020, celle-ci a augmenté de 28%, selon l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. Pour 2022, malgré les répercussions économiques de la pandémie, le gouvernement fédéral a annoncé un budget de défense en hausse de 5%, à un peu plus de 49 milliards d'euros. À l'instar des autres grandes puissances, l'Allemagne considère l'innovation comme la pierre angulaire d'une industrie de défense performante. Le dernier livre blanc consacré à l'avenir des forces armées et publié en 2016, parlait ainsi de l'innovation technologique comme de la "clé pour garantir l'avenir."

D'après l'Institut de recherche sur les relations internationales et stratégiques, les dépenses en recherche et développement du ministère allemand de la Défense ont quasiment doublé en six ans, pour atteindre 1,55 milliard d'euros en 2020. "Les progrès de la recherche et du développement de nouvelles technologies, notamment dans les domaines de la numérisation, de l'intelligence artificielle, des systèmes autonomes, de la technologie hypersonique, de la biotechnologie et des cyber-instruments, auront des effets fondamentaux sur les futurs systèmes de sécurité et de défense", détaillaient encore les autorités allemandes dans un autre document stratégique rendu public en février 2020.

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Cette stratégie est notamment portée par le Centre d'innovation cybernétique (CIH), l'Agence fédérale de cybersécurité et le Centre de recherche sur la numérisation et les technologies. Berlin est en outre partie prenante au sein des deux principaux projets européens de défense : le Système de combat aérien du futur (SCAF), qui vise entre autres à développer un nouvel avion de combat à horizon 2040, ainsi qu'Eurodrone ; lequel a pour objectif de développer un drone MALE (altitude moyenne, longue endurance) pour s'affranchir de la dépendance aux drones Reaper américains.

Business Insider France a sélectionné cinq innovations développées — ou en cours de développement — par l'armée allemande et des entreprises qui lui sont affiliées :

Shrapnel anti-drone

Pour contrer les drones — et plus généralement tout projectile aérien — le conglomérat Rheinmetall et sa filiale suisse Oerlikon Contraves ont mis au point le système AHEAD. Chargée à bord d'un canon automatique, chaque munition de 35mm contient 152 sous-projectiles en tungsten qui sont éjectés une fois à proximité de la cible, sur le principe du shrapnel. Une fois expulsée, la centaine de projectile forme un nuage dévastateur, assurant ainsi l'impact. "Même les cibles les plus petites ne peuvent traverser ce nuage de sous-projectiles sans être touchées à plusieurs reprises", explique Rheinmetall.

Le système de tir autonome calcule de son côté le moment optimal où la charge est libérée, en tenant compte de la distance de la cible et de la vitesse du projectile. Utilisé depuis 2007 par l'armée allemande, la Bundeswehr, AHEAD est aussi en service au sein des forces danoises et néerlandaises.

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Défense sous-marine

IDAS Consortium

Le système interactif de défense et d'attaque pour les sous-marins (Interactive Defence and Attack System for Submarines — IDAS) consiste en un missile surface-air d'une portée de 40 kilomètres, censé défendre des sous-marins immergés face aux menaces aériennes. En cours de développement par les entreprises ThyssenKrupp Marine Systems et Diehl Defence, IDAS est relié au sous-marin tout au long de sa trajectoire par une fibre optique.

Tiré depuis un tube lance-torpilles, le missile évolue d'abord dans les eaux avant de remonter à la surface. "À ce stade, il est également possible de changer de direction afin d'engager la cible par le côté ou par l'arrière", explique la Bundeswehr. Pendant la recherche de la cible, ce missile de 140 kg atteint sa vitesse maximale de 240 mètres par seconde. "Après avoir détecté la cible au moyen de son guidage infrarouge, il se dirige vers la cible et la détruit", poursuit ThyssenKrupp.

Débuté en 2018, le développement d'IDAS devrait se poursuivre jusqu'en 2023, pour une entrée en service dans la Bundeswehr l'année suivante.

Robot-mule tout terrain

Rheinmetall

Décrit comme un "véhicule autonome de terrain extrême" par son concepteur Rheinmetall Canada, le Mission Master XT vient tout juste d'être dévoilé. Entièrement autonome, ce véhicule diesel a été imaginé pour transporter jusqu'à 1 000 kg de charge utile sur les terrains les plus pentus et accidentés.

"Il affronte facilement la glace, la neige et les conditions météorologiques inférieures à zéro, ainsi que les reliefs sablonneux, rocheux et montagneux. Ses capacités amphibies avancées lui permettent de flotter et d'avancer tout en conservant sa pleine capacité de charge", décrit le fabricant.

Son moteur lui permet de parcourir 750 kilomètres d'une traite, tandis que des batteries au lithium-ion lui offrent six heures de "veille silencieuse".

Ce robot-mule peut effectuer, au-delà du simple transport de matériel, des missions d'évacuation médicale, de surveillance et même de détection d'éléments chimiques ou radioactifs.

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Laser naval

C'est à bord de la frégate F-124 Sachsen de la marine allemande que seront réalisés les premiers essais du laser. Torsten Bätge/Wikimedia Commons

L'office fédéral pour l'armement de la Bundeswehr a sélectionné fin janvier un consortium réunissant la filiale allemande de MBDA et Rheinmetall Waffe Munition pour concevoir un laser destiné à un usage maritime. L'arme à énergie dirigée devrait être "testée et intégrée" d'ici la fin de l'année.

"Les lasers, qui constituent une percée dans l'histoire des technologies de défense, engagent les cibles à la vitesse de la lumière, avec une grande précision et en produisant très peu de dommages collatéraux", détaille Rheinmetall. Les premiers tests en situation réelle se dérouleront en 2022 à bord de la frégate F-124 Sachsen de la marine allemande. Sachsen est la dernière des classes de frégates anti-aériennes allemandes, développée pour détecter et neutraliser des chasseurs furtifs et des missiles de croisière.

Caisson d'évacuation de sous-marin

ThyssenKrupp

Les accidents de sous-marin sont extrêmement rares, mais peuvent survenir : la disparition d'un submersible indonésien fin avril, dans laquelle 53 membres d'équipage ont perdu la vie, en est l'exemple le plus récent.

Depuis les années 1950, de nombreux modèles de sas d'évacuation de sous-marin en détresse ont été développés et mis en service dans de nombreuses marines. Ces caissons pressurisés et alimentés en oxygène offrent les meilleures chances à l'équipage de quitter le submersible et de survivre à l'accident. Mais la plupart de ces sas étaient limités à une profondeur d'échappement maximale de 180 mètres ; et consommaient en outre beaucoup de gaz lors de la phase de pressurisation ce qui laissait, de fait, moins d'oxygène pour l'équipage.

En 2003, un consortium mené notamment par ThyssenKrupp Marine Systems a dévoilé le système HABETaS. Ce caisson d'évacuation, pouvant embarquer une à deux personnes, comprend notamment un contrôleur de ventilation qui régule la compression en fonction de la profondeur ; cela afin de minimiser la consommation de gaz. Le sous-marinier est revêtu d'une combinaison intégrale gonflée et oxygénée en permanence. La remontée à la surface est réalisée en "free ascent", grâce à l'oxygène contenu dans le sas.

Des tests simulant des condition réelles ont permis de réaliser des sauvetages à 550 mètres de profondeur. La marine royale embarque le système HABETas depuis 2009 à bord de ses quatre sous-marins de classe Walrus.

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