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Robot sauveteur, 'Blackout Bomb'... 5 innovations technologiques portées par l'armée sud-coréenne

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Robot sauveteur, 'Blackout Bomb'... 5 innovations technologiques portées par l'armée sud-coréenne
Le robot semi-humanoïde HURCULES a été conçu pour venir en aide aux blessés de guerre en les transportant en lieu sûr. © Agency for Defense Development/Capture d'écran YouTube
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Sous l'impulsion du président Moon Jae-in, au pouvoir depuis 2017, la République de Corée continue d'accroître chaque année son budget alloué à la défense : celui-ci a été augmenté de 5,4% en 2021 pour s'établir à près de 53 000 milliards de won (environ 39,3 milliards d'euros) — cela malgré l'impact économique de la pandémie. Si des discussions et certaines avancées diplomatiques avec la Corée du Nord ont été réalisées depuis 2018, Séoul ne baisse pas la garde.

Selon une étude de la Rand Corporation réalisée en 2020, la Corée du Nord maintient en permanence près de 6 000 systèmes d'artillerie à portée des principaux bassins de populations du Sud. Le think tank américain estime qu'une attaque-éclair du Nord réalisée en bordure de la zone démilitarisée (DMZ), marquant la frontière entre les deux pays, provoquerait la mort de plus de 200 000 personnes en seulement une heure.

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Cette menace persistante a poussé la Corée du Sud à adopter une stratégie de défense où l'innovation et les systèmes autonomes tiennent une place prépondérante. Après avoir longtemps dépendu des importations du grand frère américain, la Corée du Sud a patiemment développé une industrie de défense nationale extrêmement performante. Le pays, porté notamment par ses chaebols — des conglomérats tels que Hanwha Aerospace et Korea Aerospace Industries — est aujourd'hui le neuvième exportateur de matériel militaire dans le monde.

Entre 2020 et 2024, 80% des 90 milliards de dollars (près de 74 milliards d'euros) prévus pour la modernisation des forces sud-coréennes seront consacrés à l'achat d'armement et de matériel produits localement. Les autorités, notamment par l'intermédiaire de l'Agence pour le développement de la défense (ADD), développent ainsi des technologies à haute valeur ajoutée, basées notamment sur l'intelligence artificielle. Le transport de munitions devrait, à titre d'exemple, être entièrement réalisé par des drones à horizon 2024.

Business Insider France a sélectionné cinq innovations développées — ou en cours de développement — par l'armée sud-coréenne et des entreprises qui lui sont affiliées :

Obusier autonome

Une batterie d'obusier K9 Thunder de la 11e division de l'armée sud-coréenne, photographiée le 11 janvier 2012. 대한민국 국군 Republic of Korea Armed Forces/Wikimedia Commons

Développé par l'ADD et Samsung Aerospace Industries — qui a été racheté en 2017 par la première firme de défense sud-coréenne, Hanwha Defense — l'obusier 155mm K9 Thunder est en service dans l'armée sud-coréenne depuis 1998. Un peu plus d'un millier de ces canons jalonnent la DMZ pour faire contrepoids à l'artillerie nord-coréenne, postée de l'autre côté de la frontière. Le modèle à venir cet obusier, le K9A2, permettra de réduire l'équipage à un conducteur et un commandant contre cinq hommes actuellement. L'artilleur et les deux chargeurs seront remplacés par un système autonome. Celui-ci permettra d'augmenter la cadence de tir à dix salves par minutes, contre six actuellement.

Le K9A2 comprendra aussi un radar à balayage électronique, capable de localiser l'origine d'un tir de roquette ou d'un obus. Mais les Sud-coréens pensent déjà à l'avenir : l'armée espère mettre au point, d'ici 2040, une version entièrement autonome de l'obusier.

Les recherches portant sur ce modèle sans équipage doivent commencer dans le courant de l'année, tandis qu'une étude complète devrait être publiée d'ici 2025.

Le K9 a déjà été exporté dans plusieurs pays, notamment en Turquie, en Pologne, en Inde et en Finlande.

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'Blackout Bomb'

대한민국 국군 Republic of Korea Armed Forces/Wikimedia Commons

La "Blackout Bomb" est une arme non-létale conçue pour neutraliser l'approvisionnement en électricité d'un ennemi. Larguée au dessus d'une centrale électrique, elle libère un nuage de graphite — un minéral hautement conducteur — qui vient recouvrir les installations stratégiques. En entrant en contact avec le réseau électrique, ces filaments saturent le courant et finissent par créer un court-circuit. Les dégâts peuvent être ravageurs si les lignes électriques ne sont pas isolées les unes des autres.

Les autorités sud-coréennes estiment que cette arme pourrait permettre de neutraliser la totalité du réseau électrique nord-coréen durant douze heures — réseau qui alimente notamment ses bases de lancement de missiles balistiques.

L'ADD, qui chapeaute le projet, a sélectionné en août dernier trois sociétés sud-coréennes pour développer l'arme : Poongsan Corporation, LIG Nex1 et Hanwha. La 'Blackout Bomb' sud-coréenne devrait voir le jour en novembre 2024.

Avion de combat local

Encore très dépendante des importations américaines pour son armée de l'air, qui compte plus d'une centaine de F-16 et plusieurs dizaines de F-35, la Corée du Sud place beaucoup d'espoirs dans son premier avion de combat : le KF-21 Boramae. Développé en partenariat avec l'Indonésie, qui participe au projet à hauteur de 20%, l'avion a été dévoilé en grande pompe le 9 avril dernier par le président Moon Jae-in. "Son 'radar AESA' et son 'système de recherche et de poursuite infrarouge' peuvent détecter rapidement les avions et les missiles ennemis. Son 'pod de ciblage électro-optique' peut cibler avec précision les cibles au sol", s'est félicité le chef d'État sud-coréen.

Le projet, débuté en 2011, est estimé à 8,5 milliards de dollars (environ 6,9 milliards d'euros). C'est ici aussi l'ADD qui chapeaute la conception du chasseur, dont la construction a été confiée à Korea Space Industries.

Très enthousiaste lors de la présentation du KF-21, Moon Jae-in a fait savoir que les 40 premiers exemplaires seraient livrés en 2028, tandis que 120 autres devraient suivre en 2032. Le premier vol du KF-21 est lui prévu pour 2022.

La Corée du Sud a annoncé avoir déjà établi des contacts avec des acheteurs potentiels tels que la Malaisie, le Pérou, l'Irak ou encore la Thaïlande.

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Robot sauveteur

Agency for Defense Development/Capture d'écran YouTube

Le robot sauveteur HURCULES a été pensé pour remplir deux missions principales : déplacer les blessés du champ de bataille vers un lieu sûr et faire de même avec des objets dangereux ou des explosifs. Ce robot semi-humanoïde est développé depuis 2013 par l'ADD en collaboration avec une dizaine d'entreprises sud-coréennes. Ses bras articulés lui permettent de porter jusqu'à 120kg et ont été pensés pour répartir correctement le poids de la charge.

Ses chenilles lui permettent de s'adapter aux différents terrains, et même de monter des escaliers tout en gardant la victime stable. "Diverses expériences de manœuvre sur différents terrains ont été menées, et des résultats satisfaisants pour la tâche d'extraction de blessés ont été obtenus", s'est réjouie l'ADD.

Navigation autonome des drones

Agency for Defense Development

L'ADD a annoncé le 11 mai avoir mis au point une technologie permettant aux drones d'atteindre leur destination en évitant de manière autonome les obstacles et autres menaces. L'ADD a précisé que sa technologie était arrivée à maturation en août 2020, au terme de trois ans de recherche. Un capteur, monté sur le drone, "collecte des informations externes et génère automatiquement un algorithme" afin que l'aéronef adapte sa trajectoire de vol en fonction de l'environnement, explique le communiqué.

L'agence sud-coréenne explique vouloir aller encore plus loin et vise à octroyer aux drones un niveau d'autonomie "qui répond aux conditions de supervision humaine".

Cette technologie pourrait aussi permettre d'accélérer le déploiement de services de mobilité aérienne urbaine ; lesquels devront composer avec un environnement extrêmement varié.

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