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Rocket Lab est sur le point de concurrencer Space X avec ses propres lanceurs réutilisables

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Rocket Lab est sur le point de concurrencer Space X avec ses propres lanceurs réutilisables
Rocket Lab effectuera bientôt son premier test d'un système de récupération de lanceur de fusée de type SpaceX qui pourrait lui permettre d'économiser des millions de dollars par vol. © Rocket Lab

Rocket Lab est sur le point d'imiter Space X en tentant de récupérer pour la première fois un de ses lanceurs de fusée. La mission, baptisée "Return to Sender" ("Retour à l'envoyeur") et prévue pour le 15 novembre, et marque le seizième vol de la fusée Electron à six étages de la startup néo-zélandaise. Après avoir décollé et aidé à mettre trente petits satellites en orbite — Rocket Lab lance des satellites pour environ 10 millions de dollars (8,4 millions d'euros) par vol —, l'énorme lanceur de la fusée devrait déployer un parachute et descendre lentement dans l'océan Pacifique, où il sera récupéré.

Si le propulseur ne revient pas sous la forme d'une "souche fumante", explique le PDG Peter Beck, qui a fondé Rocket Lab en 2006, la société pourrait bientôt commencer à récupérer et à réutiliser du matériel de vol qui vaut des millions de dollars. Un matériel qui se retrouve perdu en mer la plupart du temps. Les lanceurs propulsent une petite fusée et un chargement à des milliers de kilomètres à l'heure avant de se détacher et de retomber au sol ou dans l'océan. Ils constituent la partie la plus importante et la plus acoûteuse d'un système de lancement, avec environ 80% du coût total. SpaceX, fondé par le magnat de la technologie Elon Musk en 2002, a fait décoller son premier propulseur Falcon 9 avant de le faire atterrir en toute sécurité fin 2015. La firme a depuis récupéré et réutilisé des lanceurs plusieurs dizaines de fois.

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Le PDG de RocketLab, Peter Beck, pose pour un portrait au siège de l'entreprise, le 10 juin 2015 à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Phil Walter/Getty Images

Pendant des années, Peter Beck n'envisageait pourtant pas de recourir à ce système, en raison de la taille relativement réduite de l'Electron. L'ajout d'un système de récupération ajouterait trop de poids et engloutirait trop de capacité de charge utile, pensait-il, au point que les clients potentiel pourraient partir chez la concurrence — alors que les calculs avaient fonctionné pour la fusée Falcon 9 de SpaceX, haute de 23 étages.

"Les petites fusées ne sont pas à l'échelle", a déclaré Peter Beck, mercredi 4 novembre, lors d'une conférence de presse. "C'est une raison fondamentale pour laquelle j'ai dit au départ que je ne pensais pas qu'un petit lanceur puisse être récupéré." Mais avec la demande croissante de l'industrie pour le lancement de petits satellites, et après avoir vu que SpaceX économise énormément d'argent et de temps en récupérant et en réutilisant ses lanceurs, l'entrepreneur a changé d'avis.

"Pouvoir augmenter la production est vraiment le facteur clé. Même si c'est économiquement neutre, le fait que nous n'ayons pas à construire plus de véhicules dans la même usine est un très gros avantage", a-t-il noté. "Mais en disant cela, si nous pouvons le récupérer et qu'il est en merveilleux état, alors bien sûr, économiquement, c'est aussi très avantageux".

Rocket Lab teste un système de parachute avec un faux lanceur de fusée. La startup espère utiliser le système comme moyen de récupérer et de réutiliser les propulseurs de sa fusée Electron. Rocket Lab/YouTube

Tandis que SpaceX utilise les moteurs de ses lanceurs pour contrôler la descente et atterrir sur une plateforme d'atterrissage, Peter Beck a opté pour une approche différente.

Au lieu de laisser son propulseur retomber inutilement sur Terre, Rocket Lab a conçu de petits propulseurs qui feront basculer la fusée, les moteurs vers le sol, puisque ces composants sont les plus lourds et les plus résistants aux températures extrêmes. Le lanceur ralentirait alors grâce à une augmentation rapide de la pression atmosphérique que Peter Beck appelle "le mur", qui chaufferait et mettrait le véhicule sous tension.

Si le lanceur survit, une série de parachutes se déploieront, permettant de ralentir le véhicule à environ 36 km/h. Pour la mission de test "Return to Sender", le lanceur terminera sa route dans l'océan Pacifique, où un bateau le hissera sur le pont avant de le ramener aux installations du Rocket Lab ; ce qui laissera ensuite l'opportunité aux ingénieurs de disséquer et d'étudier le matériel.

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Pour sa mission "Return to Sender", Rocket Lab espère utiliser un système de parachute pour récupérer le lanceur de sa fusée Electron. Rocket Lab

Le système réduit la capacité chargement d'Electron d'environ 15 kg, soit 7% sur les 200 kg habituels — un sacrifice relativement faible pour une technologie si cruciale. "Nous sommes très satisfaits de notre résultat", a déclaré le PDG de Rocket Lab. Tout en notant que "cela pourrait s'accroître au fur et à mesure que nous en apprendrons davantage" après le test initial.

Au cours des 18 derniers mois, Rocket Lab a mis au point et testé les pièces essentielles de son nouveau système, en commençant par une modélisation informatique. Selon Peter Beck, ces simulations ont révélé que ce qui était infligé à un lanceur d'Electron qui rentre dans l'atmosphère terrestre "était beaucoup plus bénin que ce que nous avions d'abord prévu". Ce constat a conduit au développement et au test d'autres systèmes.

De nombreux tests de parachutage et de largage réussis ont conduit Rocket Lab à se sentir suffisamment confiant pour tester une récupération, ainsi que des rentrées guidées de deux lanceurs d'Electron. En fin de compte, le chef d'entreprise a déclaré que Rocket Lab voulait récupérer le lanceur parachuté avec un hélicoptère, le déposer sur un bateau et le ramener sur la terre ferme avant de le réutiliser après une remise en état minimale.

"Le but ultime est de le remettre dans un état où nous puissions le remettre sur la plateforme, le remonter, charger les batteries et repartir", a-t-il. "Si nous pouvons atteindre ce but, l'économie changera certainement de manière significative". Le 8 avril dernier, Rocket Lab a testé avec succès la manoeuvre de capture héliportée d'un étage de fusée factice et a enregistré l'exploit en vidéo. Peter Beck a cependant dit ne pas envisager un test de récupération complète avec un hélicoptère en novembre car la société ignore pour l'heure le déroulé des événements.

"Les parachutes ne servent à rien si le lanceur est à l'envers", a souligné Peter Beck. De même, a-t-il ajouté, l'état du lanceur est extrêmement important : des dommages excessifs pourraient entraîner une remise à neuf bien plus coûteuse que l'investissement initial. "Si nous avons un lanceur en très bon état, que tout a fonctionné aussi vite que nous l'avions prévu et que tout était vraiment sûr, alors nous irons très vite pour essayer de l'enlever avec un hélicoptère," a détaillé Peter Beck. "Si nous avons une sorte de souche fumante, alors il n'y a pas vraiment d'intérêt à aller la récupérer avec un hélicoptère".

Rocket Lab prévoit de lancer sa mission "Return to Sender" depuis la Nouvelle-Zélande le 15 novembre entre 20h44 et 23h34. L'entreprise s'est tout de même donné jusqu'à la fin novembre pour le lancement, en cas de retard météorologique ou de problème de pré-lancement.

L'entreprise néo-zélandaise prévoit de diffuser en direct sur YouTube la vidéo du lancement et une vue du lanceur parachuté.

Version originale : Dave Mosher/Business Insider US

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