Le Royaume-Uni et Bruxelles s'écharpent sur un dossier spatial à cause du Brexit — voici l'enjeu majeur qui se cache derrière ces tensions

Illustration d'un satellite Galileo en orbite. ESA-P. Carril

Les tensions entre le Royaume-Uni et l'Union européenne (UE) montent d'un cran dans le dossier spatial Galileo, du nom du GPS européen qui devrait permettre à l'Europe d'être moins dépendant au système américain.

Le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, menacerait de bloquer un transfert de technologie clé sur le cryptographie entre l'entreprise CGI UK et le Français Thales, en réponse à la mise à l'écart progressive de son pays du programme spatial Galileo, en prévision du Brexit, rapportent Les Echos.

Après sa sortie de l'UE programmée le 29 mars 2019, le Royaume-Uni souhaite garder l'accès total au programme Galileo, entièrement financé par la Commission européenne,

Mais l'UE avait prévenu, par la voix de son négociateur en chef pour le Brexit Michel Barnier, qu'elle ne peut pas partager "des informations confidentielles qui relèvent de la sécurité avec des pays qui se trouvent en dehors de l'UE", ajoutant qu'il "existe différentes manières pour que Galileo puisse coopérer avec des pays tiers et ces options sont aussi ouvertes pour le Royaume-Uni." 

Les Britanniques veulent conserver l'accès total à Galileo après le Brexit, car ce programme spatial représente aussi un enjeu militaire majeur: une partie du système offre un service appelé "PRS" pour "Public Regulated Service", qui est une combinaison de fréquences cryptées et sécurisés servant aux opérations militaires. Mais ce service dit "sensible" nécessite des codes militaires, contrairement à d'autres libres d'accès comme les services publics de sauvetage pour géolocaliser les personnes en détresse.

Après le Brexit, le Royaume-Uni perdrait également sa voix dans les instances de gouvernance du PRS. 

L'UE a déjà commencé à exclure le gouvernement britannique et les entreprises du pays des futurs travaux les plus sensibles concernant le système de GPS européen, opérationnel depuis décembre 2016.

Le Royaume-Uni a alors menacé de créer une constellation de satellites concurrente à Galileo, si Bruxelles persistait à le mettre à l'écart. Le ministre britannique des entreprises, Greg Clark, a également demandé des conseils juridiques pour récupérer la somme de 1,4 milliard d'euros investis par son pays dans le programme Galileo depuis 2003. 

A terme, le système de GPS européen Galileo, constitué de 22 satellites en orbite pour le moment, doit offrir un service bien plus précis que le GPS américain.

Les géants tech Samsung et Apple l'ont d'ailleurs déjà préféré pour leur dernier modèle de smartphone. 

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