Illustration d'un satellite Galileo en orbite. ESA-P. Carril

Le Royaume-Uni a officiellement annoncé son retrait de la partie militaire du programme spatial Galileo, vendredi 30 novembre 2018, en raison de sa sortie de l'Union européenne (UE).

Selon les termes du divorce entre les deux parties décidés le mois dernier, le Royaume-Uni ne bénéficiera pas d'un accès aux bases de données de l'UE en matière de sécurité. 

Dans un communiqué publié en marge du sommet du G20, Theresa May a déclaré: 

"J'ai dit très clairement dès le début que le Royaume-Uni restait pleinement attaché à la sécurité collective de l'Europe après le Brexit. [...] Mais du fait de la décision de la Commission d'empêcher le Royaume-Uni d'être entièrement impliqué dans le développement de tous les aspects de Galileo, il est légitime que nous trouvions des alternatives".

La Première ministre britannique a ajouté: 

"Je ne peux pas laisser nos armées dépendre d'un système dont nous ne pouvons pas être sûrs. Cela ne serait pas dans notre intérêt national."

Et dans la foulée de cette annonce, le secrétaire d'Etat britannique chargé des sciences et de l'espace, Sam Gyimah, a démissionné du gouvernement et a lancé un avertissement concernant la teneur des négociations à venir entre son pays et l'UE: 

"Ce qui s'est passé avec Galileo est un avant-goût des négociations brutales que nous aurons à mener" après le Brexit. 

Sam Gyimah a estimé que [pour les Européens], "ce sera désormais 'l'UE d'abord' et il serait incroyablement naïf de croire le contraire".

Avec son retrait de la partie militaire du programme du GPS européen, censé permettre à l'Europe d'être autonome à l'égard du GPS américain, le Royaume-Uni aura finalement dépensé 1,4 milliard d'euros pour rien depuis 2003 — sur un budget global de plus de 10 milliards d'euros pour le programme Galileo.

Sans oublier que le pays a effectué environ 15% du travail et que, selon un bon connaisseur du dossier interrogé par Le Monde, "après tout, les entreprises britanniques ont mis au point ce signal".

Londres a d'ailleurs fait savoir à Bruxelles qu'elle souhaitait récupérer cette somme, si l'accès au système de GPS européen lui était refusé suite au Brexit. 

Depuis le printemps dernier, la Commission européenne avait commencé à exclure le gouvernement britannique et les entreprises du pays des futurs travaux les plus sensibles concernant le système de GPS européen Galileo, opérationnel depuis décembre 2016, en prévision du Brexit. 

Cette mise à l'écart avait été justifiée par l'UE pour des questions de sécurité, puisqu'une partie du système Galileo offre un service appelé "PRS" pour "Public Regulated Service", qui est une combinaison de fréquences cryptées et sécurisées servant aux opérations militaires. Ce service dit "sensible" nécessite des codes militaires, contrairement à d'autres libres d'accès comme les services publics de sauvetage pour géolocaliser les personnes en détresse.

Pour satisfaire ses besoins en matière de défense, le Royaume-Uni devrait créer un système de satellites alternatif indépendant, avec aux commandes l'agence spatiale britannique et le soutien du ministère de la Défense. Londres chercherait pour cela de l'aide en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Fin août dernier, le gouvernement britannique avait promis d'investir 101 millions d'euros dans un système alternatif à Galileo.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : BREXIT: La France est passée à l'offensive sur un sujet chaud concernant la relation future entre le Royaume-Uni et l'UE

VIDEO: Voici les 15 meilleurs aéroports du monde