Le Royaume-Uni va investir 101M€ pour construire un système GPS rival de Galileo

Theresa May. REUTERS/Rodger Bosh

La Première ministre britannique Theresa May a ordonné la création d'un système GPS rival de Galileo, puisque le Royaume-Uni est mis à l'écart du programme spatial européen à l'approche du Brexit, rapporte l'agence Reuters, ce mercredi 29 août. 

Le gouvernement britannique qui, de son côté, souhaite continuer à faire partie du projet Galileo, va ainsi investir 92 millions de livres, soit 101,58 millions d'euros, dans la création d'un système de satellites alternatif indépendant, avec aux commandes l'agence spatiale britannique et le soutien du ministère de la Défense. 

Le journal The Telegraph avait été le premier média à relayer cette information en début de semaine.

Le ministre britannique des entreprises, Greg Clark, a déclaré ce mercredi: 

"Nous investissons dans une option alternative à Galileo pour nous assurer de pouvoir répondre à nos futurs besoins en matière de sécurité, en utilisant le secteur spatial du Royaume-Uni qui est l'un des meilleurs au monde."

Et il a précisé:

"Notre position concernant Galileo a toujours été la même et claire. Nous avons souligné à plusieurs reprises l'expertise que nous apportons au projet et les risques de retards et de coûts supplémentaires que la Commission européenne prend en mettant à l'écart l'industrie spatiale britannique."

La Commission européenne a commencé à exclure le gouvernement britannique et les entreprises du pays des futurs travaux les plus sensibles concernant le système de GPS européen Galileo, opérationnel depuis décembre 2016, en prévision du Brexit. 

Le Royaume-Uni a contribué à hauteur de 1,4 milliard d'euros — sur un budget de plus de 10 milliards — au programme Galileo depuis 2003 et a effectué environ 15% du travail. A terme, l'objectif de cette constellation de satellites est de permettre à l'Europe de réduire sa dépendance au GPS américain. 

Cette mise à l'écart est justifiée par l'UE pour des questions de sécurité, puisqu'une partie du système Galileo offre un service appelé "PRS" pour "Public Regulated Service", qui est une combinaison de fréquences cryptées et sécurisées servant aux opérations militaires. Ce service dit "sensible" nécessite des codes militaires, contrairement à d'autres libres d'accès comme les services publics de sauvetage pour géolocaliser les personnes en détresse.

Après le Brexit, le Royaume-Uni ne pourra pas utiliser le service PRS, ne faisant plus partie de l'UE, mais pourra continuer à recourir à d'autres services de Galileo libres d'accès. Les Britanniques souhaitent eux garder l'accès total au système Galileo après leur sortie de l'UE.

Une exclusion totale du programme Galileo ne serait pas une bonne nouvelle pour l’économie du pays: le secteur spatial connaît un rythme de croissance quatre fois plus élevé que le reste de l’économie britannique. Le marché mondial des services de navigation par satellite devrait peser au total 250 milliards d’euros d’ici 2022.

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