Marine Le Pen à Paris, le 23 février 2017. REUTERS/Christian Hartmann

Dans cinq jours se tient le second tour de l'élection présidentielle française, opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen. L'éventuelle élection de cette dernière inquiète notamment dans les milieux économiques.

Le quotidien économique Les Echos a interrogé plusieurs chefs d'entreprise — du CAC40, de PME, de la tech — sur le programme de la candidate d'extrême droite et ses répercussions pour leur entreprise ou l'économie en général. Ils sont nombreux à être alarmés.

Parmi eux, deux patrons d'entreprises emblématiques de la tech française — Criteo et Priceminister — déroulent les conséquences directes du programme de Marine Le Pen sur leur activité et sur le problème particulier qu'il pose au secteur, confronté à une pénurie de talents. 

Olivier Mathiot, cofondateur et PDG de PriceMinister observe ainsi:

"Deux choses nous préoccupent aussi beaucoup dans notre secteur. D'abord, la difficulté à trouver des talents, qui risque de s'accentuer si les jeunes diplômés étrangers ne peuvent plus venir aussi facilement en France. Ensuite, la difficulté à trouver des investisseurs. La France n'a déjà pas toujours une bonne image auprès des investisseurs étrangers, avec l'arrivée au pouvoir de Marine Le Pen, ce serait encore plus compliqué."

De son côté, Jean-Baptiste Rudelle, PDG et fondateur de Criteo fait l'analyse suivante:

"Si la France devait taxer les contrats des travailleurs étrangers, comme le promet Marine Le Pen, et fermer ses frontières, cela remettrait certainement en cause notre choix de localisation en France. C'est tout le paradoxe du programme du Front national qui dit vouloir empêcher les délocalisations, alors que c'est exactement l'inverse qui va se passer. Les délocalisations vont se multiplier, on va détruire de l'emploi en France. Et dans notre activité, dans la tech, on ne peut pas travailler sans les talents du monde entier car il nous faut des compétences très pointues que l'on ne trouve pas forcément dans l'Hexagone, en tout cas pas en nombre suffisant."

Une récente étude de Manpower constate qu'en 2016 les métiers de l’informatique sont passés de la 8e à la 7e place dans le top 10 des postes les plus difficiles à pourvoir dans le monde. En France, 23% des chefs d'entreprises ont exprimé des difficultés de recrutement. 

Un rapport de la Direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques (Dares) rappelle, de son côté, que "la Commission européenne a estimé la pénurie de compétences dans le numérique en Europe à quelques 900.000 emplois vacants à l'horizon 2020".

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Les 15 pays d'Europe où les développeurs sont les mieux payés

VIDEO: On a testé Moovin', le nouveau dispositif de voitures électriques en libre service de Renault, qui remplace Autolib