Les Etats-Unis ont annoncé la taxation de 200 Mds$ de produits importés de la Chine — et ce n'est pas le premier pays ciblé par l'administration Trump

Le président des États-Unis, Donald Trump, lors d'une table ronde sur une loi de modernisation de l’évaluation des risques liés à l’investissement étranger. Maison Blanche, à Washington, le 23 août 2018. REUTERS/Kevin Lamarque

Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, les relations se sont pour le moins tendues entre les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux.

Dernier événement en date, l'annonce de nouvelles taxes douanières à l'encontre de la Chine, sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises, qui entreront en vigueur lundi 24 septembre 2018.

Entre taxes, menaces et véritables sanctions, comme celles affectant l'Iran et la Russie, le président américain crée des remous et renforce les mesures protectionnistes pour son pays. 

Les raisons invoquées par Washington pour modifier les règles du commerce sont diverses. Elles apparaissent parfois strictement politiques, dans le cas de l'Iran par exemple, et sont motivées par des considérations plus économiques dans le cadre des relations commerciales avec l'Europe.

Reste que le nombre de pays affectés par les décisions de la Maison-Blanche augmente au fil des mois. 

Voici les différents Etats ciblés par Donald Trump au cours des derniers mois et les mesures prises à leur encontre:

Chine — 250 Mds$ de marchandises soumis à des droits de douanes 

Le lanceur de javelot chinois Liu Qizhen. REUTERS/Issei Kato

Le président américain a annoncé lundi 17 septembre l'instauration de droits de douane sur 200 milliards d'importations chinoises supplémentaires, à partir du 24 septembre. Ces nouvelles taxes s'élèveront dans un premier temps à 10%, avant d'être relevées à 25% à partir de janvier 2019.

La Chine a riposté dès le lendemain, mardi 18 septembre, à ces tarifs douaniers portant à 250 milliards de dollars le total des marchandises chinoises taxées. Pékin a annoncé qu'il allait imposer des droits de douane à partir du 24 septembre — comme Washington — sur 60 milliards de dollars d'importations américaines. Les taxes s'élèveront de 5% à 10%, contre 5% à 25% initialement envisagés, pour se calquer sur les droits réduits appliqués dans un premier temps par la Maison Blanche.

Donald Trump a prévenu qu'en cas de représailles de la Chine sur les produits agricoles ou industriels américains, il enclenchera "la phase trois" et taxera cette fois-ci 267 milliards de dollars d'importations supplémentaires. L'escalade dans la guerre commerciale entre les deux plus grandes économies de la planète pourrait donc se poursuivre.

Le 23 août, l'administration américaine avait déjà instauré des droits de douanes de 25% sur 16 milliards de dollars de produits chinois, après une première salve qui a porté sur 34 milliards de dollars de marchandises début juillet. A chaque fois, la Chine a répliqué sur des montants équivalents.

Les Etats-Unis justifient leurs tarifs douaniers par le fait que la Chine ne traiterait pas ses partenaires commerciaux de manière équitable, en subventionnant notamment ses industries de hautes technologies.

Invoquant la sécurité nationale, la Chambre des représentants puis le Sénat américain ont par ailleurs approuvé des mesures contre cinq grandes sociétés chinoises, dont les équipementiers télécoms ZTE et Huawei. Le texte a été signé par Donald Trump le 13 août.

La quasi-totalité des administrations américaines ne pourront plus acheter d'équipements ou services de ces entreprises, ni passer de contrats avec des entités qui ont eu recours à leurs produits, précise Les Echos.

Russie — menace sur la dette et sanctions dans l'affaire Skripal

Le président russe Vladimir Poutine lors d'une réunion sur les enjeux liés au carburant et à l'énergie dans la région de Kemerovo, en Russie, le 27 août 2018.. Sputnik/Alexei Druzhinin/Kremlin via REUTERS

L'administration américaine a jugé la Russie responsable de l'empoisonnement au Novitchok de l'ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, début mars en Angleterre.

En représailles, elle a décidé d'interdire l'exportation de produits américains vers la Russie jugés sensibles pour la sécurité nationale, comme les composants électroniques. Les Etats-Unis envisagent une deuxième salve de sanctions d'ici trois mois si le pays ne fournit pas d'explications dans cette affaire et ne donne pas l'assurance de ne plus utiliser d'arme chimique.

Outre de nouvelles restrictions sur les exportations et les importations, le Congrès envisagerait notamment de s'attaquer aux emprunts d'Etats russes et d'interdire l'accès aux aéroports américains à la compagnie Aeroflot Russian Airlines.

La Russie fait déjà l'objet de sanctions pour ses interventions militaires en Syrie et en Ukraine, mais aussi en raisons des accusations d'ingérence dans la dernière campagne présidentielle américaine. Des entreprises et oligarques russes ne peuvent par exemple plus faire affaire avec les Etats-Unis.

Turquie — doublement des taxes sur les importations d'acier et d'aluminium

Le président turc Recep Tayyip Erdogan passe en revue une garde d’honneur à son arrivée dans la ville orientale de Mus, en Turquie, le 26 août 2018. Murat Cetinmuhurdar/Presidential Palace/Handout via REUTERS

Les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Turquie, deux pays membres de l'Otan, se sont fortement dégradées cet été, en raison de la détention du pasteur américain Andrew Brunson, accusé de terrorisme par la justice turque. 

La Maison Blanche a annoncé le doublement des taxes sur les importations d'acier et d'aluminium. Soumis à des tarifs douaniers respectivement de 25% et de 10% depuis mars, l'acier et l'aluminium turcs se voient donc désormais taxés à hauteur de 50% et de 20%, précise l'AFP.

En réponse à l'administration américaine, dont les sanctions commerciales ont accéléré la chute de la livre turque, Ankara a appelé au boycott des iPhones et augmenté les tarifs douaniers sur une série de biens américains.

Iran — interdiction de faire du commerce avec le pays dans de nombreux secteurs

L'Iranien Zniollah Poorshab (à droite) face au Jordanien Mahmoud Sajan (à gauche). Karaté - Jeux asiatiques 2018 - 84 kg, concours de médaille de bronze - Jakarta, Indonésie - Le 28 août 2018 - REUTERS/Athit Perawongmetha

Donald Trump a décidé en mai de remettre en cause l'accord signé sur le nucléaire iranien, conclu en 2015, et qui prévoyait une levée progressive des sanctions internationales visant le pays. Résultat, les Etats-Unis rétablissent des sanctions économiques, qui affectent l'Iran mais aussi ses partenaires commerciaux.

Elles interdisent à tout entreprise de la planète de faire du commerce avec la République islamique dans les secteurs des métaux, automobile, portuaire, pétrochimique, énergétique, ou encore de réaliser des échanges financiers avec la banque central d'Iran et d'autres institutions financières. Les constructeurs aéronautiques Airbus et Boeing n'ont aussi plus le droit de vendre des avions au pays. 

Les entreprises qui ne se conforment pas aux sanctions des Etats-Unis risquent un gel de leurs avoirs outre-Atlantique et des poursuites devant les tribunaux américains.

Les pays producteurs d'acier et d'aluminium — taxes de 25% et 10% sur les importations

Un ouvrier de la société Wuhan Iron and Steel, à la périphérie de Wuhan, capitale de la province chinoise Hubei, le 22 août 2006. REUTERS/Alfred Cheng Jin/File Photo

Depuis mars, l'administration de Donald Trump a mis en place des taxes sur les importations d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis, qui s'élèvent respectivement à hauteur de 25% et 10%

Exemptés dans un premier temps, le Mexique, le Canada et l'Union européenne (UE) sont soumis au même régime que les autres pays depuis début juin. L'UE n'a pas manqué de répliquer à ces tarifs douaniers en instaurant des droits sur une série de produits américains début juillet. Et comme la Chine, la Commission européenne a saisi l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Les pays les plus touchés par ces taxes sont logiquement les plus gros exportateurs d'acier et d'aluminium vers les Etats-Unis, dont font notamment partie le Canada, le Brésil et la Corée du Sud.

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