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La Russie a utilisé 150.000 comptes Twitter pour s'immiscer dans le référendum sur le Brexit

La Russie a utilisé 150.000 comptes Twitter pour s'immiscer dans le référendum sur le Brexit
© AP
  • De nouvelles informations sont les "preuves les plus significatives jusqu'à présent" que des comptes Twitter russes auraient influé sur le référendum du Brexit.
  • Plus de 150.000 comptes Twitter basés en Russie ont tweeté à propos du Brexit pendant la campagne du référendum, d'après une enquête.
  • Theresa May a dit au président russe Vladimir Poutine que le Royaume-Uni "sait" ce que fait la Russie.

Des comptes Twitter basés en Russie ont posté 45.000 tweets à propos du Brexit en l'espace de 48 heures pendant le référendum l'année dernière sur la sortie de l'UE, d'après les résultats d'une enquête établie par le Times.

Des data scientists de l'Université de Swansea et l'Université de Californie à Berkeley ont découvert que plus de 150.000 comptes basés en Russie ont posté du contenu en rapport avec le Brexit dans les jours précédant le jour du vote le 23 juin 2016.

Ces comptes s'étaient auparavant concentrés sur des problèmes comme l'annexion de la Crimée par la Russie, avant de se tourner sur le référendum du Brexit, avec la majorité des tweets que le Times a repéré encourageant les gens à voter en faveur d'une sortie de l'UE.

Une "quantité massive de tweet russes a été créée quelques jours avant le jour du vote, pour culminer pendant les votes et les résultats pour ensuite retomber immédiatement après," d'après la publication par les chercheurs encore inédite.

"La conclusion principale est que des bots ont été utilisés délibérément et ont eu de l'influence," ajoute Tho Pam, un des principaux auteurs de l'article.

Les comptes russes ont été les plus actifs le jour du référendum (jeudi 23 juin) et le jour suivant (vendredi 24 juin) quand les résultats finals sont tombés. Les comptes ont posté plus de 39.000 tweets le vendredi 24 juin.

Le député conservateur Damian Collins, qui préside la Commission dédiée au numérique, à la culture, aux médias et au sport, dit que l'enquête est "la preuve la plus significative jusqu'à présent de l'ingérence de la Russie par les réseaux sociaux sur le référendum du Brexit."

Il ajoute: "Le contenu publié et encouragé par ces comptes est à l'évidence conçu pour accroître les tensions au sein du pays et discréditer notre processus démocratique. J'ai bien peur que ce ne soit que la partie visible de l'iceberg."

Les chercheurs de l'Université d'Edimbourg ont identifié 419 comptes opérant de la Russian Internet Agency ayant tenté d'influencer la politique britannique, d'après le Guardian.

Un compte lié au Kremlin a tweeté une photo retouchée montrant une femme musulmane ignorant les victimes de l'attaque terroriste du pont de Westminster plus tôt dans l'année. La photo a été par la suite signalée au Sun et à Mail Online.

Twitter / @SouthLoneStar

La première ministre Theresa May a accusé lors de son discours dimanche 12 novembre, la Russie d'utiliser les "fake news" pour "semer la discorde" en Occident et "se mêler" du processus démocratique.

"[La Russie] cherche à transformer l'information en arme. En déployant ses organisations médiatiques gérées par l'État pour placer de fausses histoires et des images "photoshoppées" dans une tentative de semer la discorde en Occident et discréditer nos institutions," a dit May.

"J'ai donc un message très simple pour la Russie. Nous savons ce que vous faites. Et vous ne réussirez pas. Parce que vous sous-estimez la résistance de nos démocraties, l'attractivité durable des sociétés libres et ouvertes, et l'engagement des nations occidentales aux alliances qui nous lient."

Des députés, dont les travaillistes Chris Bryant et Ben Bradshaw, ont à maintes reprises conseillé le gouvernement britannique de mettre ses enquêtes au même niveau que l'ingérence russe dans le référendum du Brexit.

Un porte parole de Theresa May a dit à Business Insider jeudi que tant que le gouvernement britannique n'avait vu "aucune preuve d'ingérence directe réussie dans le processus démocratique anglais," ils prennaient "toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que nous avons les bonnes protections en place et qu'on ne peut interférer dans nos processus démocratiques."

Piratage informatique

Deborah Benbrook / Shutterstock

Le chef du National Cyber Security Centre, Ciaran Martin, confirmera aujourd'hui que la Russie a hacké le réseau électrique britannique et que ses agents ont tenté de pénétrer les services de télécommunications anglais, comme BT.

On pense que les hackers russes ont réussi à détourner le réseau électrique britannique cet été et auraient voulu le laisser inactif, ce qui aurait perturbé le réseau plus tard.

Il est prévu que Martin dise: "Je ne peux pas entrer dans les détails concernant les services de renseignements.

"Mais je peux confirmer que l'ingérence de la Russie, constatée par le National Cyber Security Centre au cours de l'année passée, a inclut des attaques sur les secteurs britanniques des médias, télécommunication et de l'énergie."

Version originale: Adam Payne/Business Insider

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