Ryanair a bénéficié de 80 M€ de remises injustifiées, payées en partie par les usagers de la ligne de bus Paris-Beauvais

Le PDG de Ryanair, Michael O'Leary. YouTube

La Cour des comptes dénonce dans un rapport rendu public lundi les privilèges financiers que l'aéroport de Beauvais (Oise), situé à environ 90 km au nord de Paris, accorde en particulier à Ryanair.

La compagnie irlandaise est en situation de quasi monopole puisqu'elle concentrait 83% des 4 millions de passagers qui ont transité par l'aéroport en 2014, selon le rapport.

Ryanair profite de cette situation pour bénéficier de larges avantages financiers. "La difficulté de contractualiser avec Ryanair a toujours été parfaitement connue par les actionnaires", a ainsi consenti les commissaires aux comptes auprès de la Cour.

Entre 2008 et 2014, Ryanair a bénéficié de 78 millions d'euros de remises injustifiées — sur les 85 millions au total accordées aux compagnies — "d'avantages importants", "parfois irréguliers" par la SAGEB (société de gestion et d'exploitation de l'aéroport de Beauvais).

Du fait des remises concédées aux compagnies aériennes sur les redevances aéroportuaires et de la vente à perte des prestations d'assistance en escale, les charges de fonctionnement de l'aéroport ne sont pas couvertes.

Conséquence: ce sont donc "les usagers de la ligne de bus entre Paris et Beauvais (qui) financent (...) les services aéroportuaires, à la place des compagnies aériennes", écrit la Cour.

Selon la Cour des comptes, les collectivités locales concernées — le département de l'Oise, la région Hauts-de-France et la communauté d'agglomération du Beauvaisis — n'ont pas donné leur autorisation à ces accords commerciaux.

Ces remises sont susceptibles d'être considérées comme des aides d'Etat irrégulières par la Commission européenne, expliquent les magistrats.

Entre autres recommandations, la Cour préconise d'"analyser les impacts fiscaux des accords illicites entre la compagnie Ryanair et le gestionnaire de l'aéroport".

L'exploitant de l'aéroport, la SAGEB, est détenu à 51% par la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de l'Oise et à 49% par Transdev (filiale à 70% de la Caisse des dépôts et consignations et à 30% de Veolia).

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