Le groupe d'aéronautique et de défense Safran est entré en négociations exclusives avec son homologue français Zodiac Aerospace en vue du rachat de celui-ci via une OPA de 8,55 milliards d'euros.

Pénalisé par des retards récurrents de livraisons de sièges et de cabines, l'équipementier Zodiac Aerospace s'était dit en mars 2016 ouvert à toute offre de rachat "raisonnable et conforme à ses intérêts".

L'équipementier aérospatiale et militaire, qui s'est désengagé en 2016 de la sécurité afin de se renforcer dans l'aéronautique, et Zodiac donneront naissance à un ensemble d'environ 21,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 2,7 milliards de résultat opérationnel courant.

Il y a six ans Safran avait déjà voulu réaliser ce rapprochement mais il avait été vertement éconduit.

Cette opération marque une nouvelle étape de la consolidation du secteur trois mois après une méga-fusion aux Etats-Unis B/E Aerospace et Rockwell Collins. Ces rachats interviennent au moment où Airbus et Boeing augmentent leur production d'avions pour répondre à des commandes massives liées à la hausse prévue du trafic aérien notamment en Asie.

Safran espère finaliser son OPA au quatrième trimestre 2017 et la fusion début 2018.

Le groupe verserait à ses actionnaires un dividende exceptionnel de 5,50 euros par action, soit un total de 2,3 milliards, avant la clôture de l'opération.

Zodiac équipe tout l'intérieur des avions Bombardier Série C. Wikimedia Commons

Zodiac est un équipementier aéronautique pour tout ce qui touche à l'intérieur des avions (sièges, coffres à bagages, toilettes). Il s'est aussi diversifié dans la sécurité aéronautique et la télétransmission.

La marque Zodiac est connue pour ses bateaux pneumatiques. mais le groupe a délaissé l'activité marine en 2007.

Le directeur général de Safran Philippe Petitcolin a précisé que les synergies tirées de l'opération pourraient être "beaucoup plus" élevées que les 200 millions d'euros annuelles avant impôts d'ores et déjà identifiées. Il a précisé ne pas identifier de "recouvrements" importants dans les activités des deux groupes et ne pas attendre de réductions d'effectifs notables.

Les familles fondatrices de Zodiac, FFP (famille Peugeot), le Fonds Stratégique de Participations et l'Etat entendent rester actionnaires de référence de Safran, avec environ 22% de son capital, et une fois l'opération finalisée, signer un pacte d'actionnaires prévoyant une clause d'incessibilité de deux ans.

L'Etat français détient, lui, encore 14% de Safran après s'est désengagé partiellement.

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