Emmanuel Macron lors d'une visite des chantiers STX à Saint-Nazaire, le 31 mai 2017.-Nazaire, France, May 31, 2017. REUTERS/Stephane Mahe

L'Etat français a décidé de nationaliser les chantiers navals STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a annoncé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, confirmant les informations du journal Le Monde.

Cette décision, prise en accord avec Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe, vise à "défendre les intérêts stratégiques de la France en matière de construction navale", a déclaré Bruno Le Maire lors d'une conférence de presse cet après-midi.

Les anciens chantiers de l'Atlantique sont spécialisés dans la construction de paquebots mais aussi de très grandes coques comme celle d'un porte-avions.

La France, actionnaire à 33 %, disposait jusqu'à vendredi d'un droit de préemption sur la totalité du capital.

Le coût pour l'Etat de cette préemption est estimée à 80 millions d'euros, pris en charge par l'agence des participations de l'Etat, a indiqué le ministre de l'Economie.

Cette décision doit "garantir aux Français que les compétences exceptionnelles en matière de construction navale resteront en France". 

Cette nationalisation est temporaire. L'idée est de donner du temps "pour négocier dans les meilleures conditions possibles la participation de Fincantieri pour bâtir un projet industriel européen solide et ambitieux", a souligné à plusieurs reprises Bruno Le Maire. Il se rendra mardi à Rome pour discuter avec les ministres italiens des Finances et du Développement Economique.

Les dernières propositions françaises, toujours sur la table, laissaient à Fincantieri 50% du capital, le reste étant détenu par des intérêts publics français (l'Etat, Naval Group, Bpifrance) et le personnel. Paris y a ajouté une offre de coopération renforcée entre la France et l'Italie dans le naval militaire.

En Italie, l'administrateur délégué du groupe Fincantieri, qui souhaite conserver la majorité de STX, a réagi en déclarant qu'il n'avait pas un "besoin à tout prix" des chantiers de Saint-Nazaire.

Le chantier de Monfalcone, en Italie. Fincantieri

Première nationalisation depuis 1982

Le sort de STX fait l'objet depuis plusieurs mois d'un bras de fer entre le gouvernement italien et le nouvel exécutif français.

En mai dernier, un accord avait même été passé sous le quinquennat de François Hollande. Ce compromis prévoyait le rachat de 55% STX France de Saint-Nazaire par le groupe public italien Fincantieri (pour 48%) associé à une fondation transalpine (7%).

La dernière nationalisation en France d'une entreprise a eu lieu il y a 35 ans, sous le premier mandat de François Mitterand. La loi du 13 février 1982, avait ainsi  permis la nationalisation de cinq grands groupes industriels (CGE, Saint Gobain, Péchiney Ugine-Kuhlmann, Rhône-Poulenc et Thomson-Brandt,) et de trente-neuf banques.

Les syndicats de STX sont divisés sur le dossier. Si Force ouvrière a toujours été favorables à la nationalisation, les autres syndicats estiment que l'accord d'avril était équilibré et disent vouloir un acteur industriel.

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