Samsung France mis en examen pour avoir trompé les consommateurs sur ses engagements éthiques

Le logo de Samsung Electronics dans son immeuble de bureaux à Séoul, en Corée du Sud, le 23 mars 2018. Une enquête a révélé que Samsung employait des mineurs de moins de 16 ans dans certaines de ses usines. REUTERS/Kim Hong-Ji/File Photo

Samsung Electronics France assure sur son site faire "des efforts pour construire une chaîne d'approvisionnement durable" avec, notamment, un onglet dédié à la politique d'interdiction du travail infantile. La filiale vient pourtant d'être mise en examen pour "pratiques commerciales trompeuses" entre 2012 et 2017, selon France Inter. En clair, il est reproché à Samsung d'avoir menti aux consommateurs français sur ses engagements en matière éthique. Cela fait suite à la convocation d'un représentant de la branche française le 17 avril dernier par un juge, saisi en juin 2018 par des plaintes des ONG Sherpa et ActionAid, sur les conditions de travail des ouvriers de ses usines en Chine, en Corée et au Vietnam.

Ces plaintes, avec constitution de partie civile, visaient à contourner le refus du parquet de poursuivre les investigations, en demandant directement à un juge d'instruction de se saisir du dossier. "C'est la première fois en France qu'il est reconnu que les engagements éthiques pris par une entreprise sont susceptibles de constituer des pratiques commerciales qui engagent, à ce titre, leur émetteur", se félicitent les ONG dans un communiqué

Selon les rapports de plusieurs ONG qui ont pu se rendre directement dans les usines concernées, des mineurs de moins de 16 ans sont employés à la chaîne pour assembler des téléphones dans des usines à travers l'Asie. Sherpa et ActionAid dénoncent aussi des "horaires de travail abusifs", des "conditions de travail et d'hébergement incompatibles avec la dignité humaine" et une "mise en danger des travailleurs". Sherpa donne notamment sur son site des détails sur les journées de travail dans les usines. "Ces ouvriers sont payés moins de 200 euros par mois, pour assembler jusqu'à 1 600 téléphones par jour", indique l'association. 

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Des informations déjà mises en lumière en 2017

En 2017, 45 ouvrières des usines Samsung avaient été interrogées par deux ONG et avaient expliqué qu'elles restaient debout de 9 à 12 heures d'affilée. Selon France Inter, l'association SHARPS a enquêté sur la santé des ouvriers dans les usines Samsung en Corée du Sud. Au moins 200 personnes seraient tombées malades, et 70 seraient déjà décédées à cause du composé organique benzène, utilisé comme nettoyant et enduit.

Samsung néanmoins se défend d'exploiter ses travailleurs. Selon l'entreprise, les difficultés viendraient de certains sous-traitants. Interrogé par le juge Renaud Van Ruymbeke, le représentant de Samsung a notamment contesté l'exploitation de personnes en dessous de l'âge légal, établi à 16 ans en Chine, indique Le Point. Le représentant reconnait pourtant "certains écarts" par rapport à la réglementation sur le travail repérés chez un sous-traitant en Chine, suite à une enquête de plusieurs mois. Contacté par France Inter, un responsable du service presse de Samsung France conteste le bien fondé des plaintes.

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