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Sanofi abandonne son projet de vaccin à ARN messager contre le Covid-19

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Sanofi abandonne son projet de vaccin à ARN messager contre le Covid-19
Le groupe explique vouloir continuer à travailler sur cette technologie, mais pour traiter d'autres pathologies. © Wikimedia Commons
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Sanofi jette l'éponge. Très attendu pour faire contrepoids aux sérums de Pfizer-BioNTech et Moderna, le vaccin contre le Covid-19 à ARN messager du laboratoire français n'ira finalement pas en phase 3 d'essais, phase préalable à une commercialisation à grande échelle. Malgré des résultats intermédiaires positifs pour la phase 1-2 de l'essai de son vaccin, Sanofi juge que celui-ci arriverait trop tard sur le marché, alors que 12 milliards de doses de vaccins anti-Covid auront été produites au total d'ici la fin de l'année. Un chiffre qui devrait doubler d'ici à mi-2022, selon des données de la Fédération internationale de l'industrie pharmaceutique.

Les données initiales de l'essai mené sur la technologie de l'ARN messager sont pourtant positives : elles montrent une fabrication d'anticorps chez 91% à 100% des participants, deux semaines après la deuxième injection, indique le groupe dans un communiqué publié mardi 28 septembre.

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Ces résultats se vérifient pour les trois dosages qui ont été testés. En outre, aucun effet secondaire n'a été observé et le profil de tolérance est comparable à celui d'autres vaccins à ARN, comme ceux développés par le tandem germano-américain Pfizer-BioNTech et par la biotech américaine Moderna.

"Équiper la France et l'Europe pour une prochaine pandémie"

Avec cette technologie, le laboratoire voulait évaluer la capacité à engendrer une réponse immunitaire. "Or, celle-ci est forte", a commenté auprès de l'AFP Thomas Triomphe, le vice-président de la branche vaccins de Sanofi. Le laboratoire travaillait depuis plus d'un an et demi avec Translate Bio sur ce vaccin, et a même racheté début août cette biotech américaine pour quelque 2,7 milliards d'euros.

Toutefois, "le besoin n'est pas de créer de nouveaux vaccins Covid-19 à ARN, mais d'équiper la France et l'Europe d'un arsenal de vaccins à ARN messager pour une prochaine pandémie, pour de nouvelles pathologies", ajoute Thomas Triomphe.

Sanofi explique vouloir développer des vaccins avec cette technologie contre d'autres virus, sans effet secondaire et avec moins de contraintes au niveau de la température de conservation. Le groupe a déjà lancé de premiers essais pour un vaccin monovalent — avec une seule souche de virus — contre la grippe saisonnière. Il a indiqué mardi 28 septembre vouloir lancer l'an prochain des essais cliniques contre la grippe, cette fois-ci avec un vaccin quadrivalent.

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Le laboratoire veut se positionner sur cette technologie qui, jusqu'au Covid-19, n'avait pas permis de commercialiser le moindre médicament ou vaccin. Au-delà du coronavirus, l'ARN messager est un tournant à ne pas manquer, en particulier pour un groupe pharmaceutique traditionnellement spécialisé dans les vaccins qui s'est fait distancer durant la pandémie.

Traitement des cancers

Sanofi a récemment multiplié les gestes sur l'ARN. En plus du rachat de Translate Bio, il a annoncé en juin qu'il allait consacrer au moins deux milliards d'euros d'ici 2025 dans la recherche sur de nouveaux vaccins à ARN, des investissements qui devraient se poursuivre au-delà de cette période.

"Notre objectif est de libérer le potentiel de l'ARN messager dans d'autres domaines stratégiques, comme l'immunologie, l'oncologie", autrement dit le traitement des cancers, "et les maladies rares, en plus des vaccins", soulignait il y a quelques semaines Paul Hudson, directeur général de Sanofi. Selon la société d'analyses Global data, les progrès rapides dans le développement de vaccins à ARN devraient en effet "permettre à l'industrie pharmaceutique de continuer à franchir les barrières, et le marché de l'oncologie est celui qui est le plus susceptible d'en bénéficier".

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