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Sanofi va supprimer 1 000 emplois en France après avoir maintenu son dividende

Sanofi va supprimer 1 000 emplois en France après avoir maintenu son dividende
Une employée du laboratoire français Sanofi. © Barry Chin/The Boston Globe via Getty Images

Les plans sociaux et les annonces de suppressions d'emplois se multiplient avec la crise économique engendrée par la confinement de la population. À son tour, Sanofi va supprimer 1 700 emplois en Europe, dont un millier en France, a précisé le géant pharmaceutique vendredi 26 juin 2020, rapporte l'AFP. Une réorganisation qui correspond à "une nouvelle stratégie", selon le président du groupe en France, Olivier Bogillot. Ce ne serait donc pas un plan social lié aux conséquences de la crise sanitaire du Covid-19.

Ce plan de départs a été présenté vendredi matin aux partenaires sociaux. Il s'adresse à 25 000 collaborateurs en France, sur un total de 100 000 dans le monde, et repose "exclusivement sur la base du volontariat", a indiqué Olivier Bogillot à l'AFP. Il devrait s'étaler sur trois ans. Cette annonce intervient alors que Sanofi fait partie des rares entreprises du CAC 40 ayant choisi de ne pas renoncer à verser des dividendes à leurs actionnaires en 2020.

"C'est important, car c'est une partie de l'actionnariat français. Dans un contexte ou l'économie s'arrête, il est important que des entreprises ayant la capacité de faire circuler leurs dividendes le fassent", avait assuré aux Echos Olivier Bogillot, dans un article paru le 19 juin.

Les syndicats très en colère

Les syndicats ont vivement réagi à l'annonce de ce plan de départs volontaires. "C'est impensable pour nous. On ne peut pas comprendre, on n'est pas d'accord et on va combattre ces suppressions d'emplois qui n'ont pas lieu d'être. Elles servent à quoi?", s'est insurgée auprès de l'AFP Florence Faure, coordinatrice CFDT, le premier syndicat chez Sanofi. "C'est la poursuite du démantèlement du groupe et de l'externalisation des activités. Sanofi veut passer d'un total de 300 médicaments à vendre à seulement une centaine", a de son côté déploré Thierry Bodin, coordinateur CGT.

Le groupe veut "se désengager des médicaments les moins rentables, même s'ils ont un intérêt thérapeutique majeur. C'est la santé pour le fric", a-t-il ajouté, rappelant au passage que le dernier plan de réduction des effectifs annoncé en juin 2019 et portant sur près de 470 emplois dans la R&D "est toujours en cours".

Pas de recours au soutien de l'Etat

Sanofi est en première ligne dans la lutte contre le Covid-19 et s'active pour tenter de trouver un vaccin efficace contre cette maladie. À l'occasion de la visite du président de la République, Emmanuel Macron, dans une de ses usines en région lyonnaise le 16 juin, le laboratoire avait annoncé un investissement de 610 millions d'euros en France pour créer un nouveau site de production de vaccins et un nouveau centre de recherche et développement sur le site Sanofi Pasteur à Marcy-l'Etoile.

Le groupe avait précisé le 20 avril avoir "pris la décision de ne pas solliciter le soutien de l'État ni de recourir au dispositif de chômage partiel pour faire face aux difficultés économiques créées par la pandémie de Covid-19", assurant que "l'aide aux entreprises les plus vulnérables est prioritaire". Sanofi avait aussi annoncé consacrer "une enveloppe de 100 millions d'euros" pour la solidarité nationale dans la lutte contre l'épidémie, comprenant la "mise à disposition gratuite de médicaments".

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