Sept femmes attaquent Amazon aux Etats-Unis, elles assurent avoir été licenciées car elles étaient enceintes

Des femmes en train de travailler dans un entrepôt d'Amazon. Scott Lewis/Flickr

C'est une révélation explosive pour Amazon. Au moins sept procès auraient été intentés contre le géant de la tech pour licenciement abusif de la part de plusieurs de ses salariées d'entrepôts, qui étaient enceintes au cours de ces quatre dernières années, selon le site américain CNET. Cette pratique a notamment été mise en lumière par le témoignage de Beverly Rosales, une ancienne employée d'un centre de traitement d'Amazon en Californie, qui a intenté sa poursuite en janvier dernier. Beverly Rosales a déclaré à CNET que le principal problème qui l'avait amenée à être licenciée est le fait qu'elle avait besoin de prendre des pauses assez fréquentes pour aller aux toilettes parce qu'elle était enceinte. 

"Quand je devais aller aux toilettes, elle [la manager] restait au même endroit et attendait que je revienne pour m'en parler... Après ça, je devais me retenir jusqu'à la fin de la journée car je ne voulais pas me faire virer", a déclaré Beverly Rosales à CNET. Pour elle, ce mode de fonctionnement s'explique par une raison simple : "Amazon veut vendre le plus de produits possible. Ils ont besoin d'un maximum de personnes qui n'ont pas besoin d'arrangements pour y travailler. Ils se soucient davantage des chiffres que de leurs employés."

De son côté, Amazon a nié ces allégations. Un porte-parole de la société a déclaré qu'il "n'est absolument pas vrai qu'Amazon licencierait n'importe quel employé pour cause de grossesse ; nous sommes un employeur qui garantit l'égalité des chances". La société, qui emploie 600 000 personnes, fait l'objet d'une surveillance accrue depuis quelques années. En cause, les conditions de travail de ses entrepôts, souvent décrites comme difficiles. 

Un journaliste britannique sous couverture avait d'ailleurs raconté l'envers du décor d'un des entrepôt de la firme américaine situé dans le comté de Staffordshire en Angleterre. Il y décrivait notamment des scènes où les employés ne prenaient même pas le temps d'aller aux toilettes et préféraient uriner dans des bouteilles pour maximiser leur temps de travail. 

En France, un rapport d'expertise publié en avril 2018 avait dévoilé une situation "critique" à l'entrepôt Amazon de Montélimar, l'une des cinq plateformes de stockage d'Amazon dans l'hexagone. Le rapport révélait que 44% des sondés avaient déclaré avoir consulté leur médecin traitant pour un problème lié à leur travail. Basé sur les témoignages de 256 salariés, on apprenait notamment que le taux d'absences pour maladie, accident du travail ou maladie professionnelle oscillait entre 6,1% et 9,8% en 2017, soit des nombres "nettement supérieurs à 4,5%, un taux au-dessus duquel on estime qu'une attention particulière doit être posée". Par ailleurs, en février dernier, plusieurs employés français, ouvertement "pro-gilets jaunes", ont été licenciés pour "faute grave" pour avoir soutenu des actions ou tenu des propos contre leur employeur sur les réseaux sociaux. 

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