Les trois fondateurs associés de Serena Capital (de g. à dr.) : Marc Fournier, Xavier Lorphelin et Philippe Hayat. Serena Capital

L'intelligence artificielle (IA) et l'exploitation de la donnée deviennent des sujets de business à part entière en France.

Facebook, qui possède déjà un centre d'intelligence artificielle à Paris, vient d'inaugurer le Facebook Startup Garage, un programme créé par le réseau social pour soutenir 10 à 15 startups françaises spécialisées dans l'exploitation de données.

Ce n'est pas nouveau : les géants de la tech s'intéressent aux ingénieurs français et aux startups qu'ils créent car ils sont unanimement reconnus pour leur formation. Yann Le Cun, le directeur du département IA de Facebook, est l'un des symboles.

Pourtant,"tous les polytechniciens n'ont pas vocation à finir chez Facebook ou Google. Ils ont leur propre envie entrepreneuriale quand on voit les dossiers passés", estime Amélie Faure, operating partner chez Serena Capital.

La société de capital-risque vient ainsi de lancer Serena Data Ventures, un fonds européen "dédié au big data et à l’intelligence artificielle". 

"La data c'est le sujet chaud du moment. Il y a beaucoup de concurrence. On se différencie en affichant notre spécialisation. Ce sont des sujets très techniques, avec un vocabulaire particulier. On veut être le point de référence de la data en Europe", a déclaré hier devant plusieurs journalistes, Xavier Lorphelin, managing partner de Serena Capital, avec Marc Fournier et Philippe Hayat.

Le fonds est doté de 80 millions d'euros pour les startups en amorçage et en early stage. Sont ciblés des services dans les secteurs de la banque, de l'assurance, de l'agriculture, de l'automobile ou des médias qui vont voir leurs métiers changer avec l'exploitation des données.

Aux cotés de Bpifrance (à hauteur de 20 millions d'euros), il n'est donc pas étonnant de retrouver les assureurs Allianz, MACSF, MAIF (13 millions d'euros) ou le groupe bancaire BNP Paribas. Des family offices et Bertrand Diard, président de Tech In France et fondateur de Talend, côté au Nasdaq, font aussi partie des nouveaux investisseurs.

Le véhicule financier devrait être encore abondé dans les semaines à venir afin d'atteindre près de 100 millions d'euros.

Le fonds investira des montants compris entre 500.000 et 3 millions d’euros dès les premiers tours de financement.

Robot

Robot du laboratoire d'intelligence artificielle de l'Université de Zurich. Wikimedia Commons/Adrian Baer

La première entreprise a en bénéficier s'appelle Heuritech, à hauteur de 1,1 M€ auprès de Serena Data Ventures et de business angels tels que Renaud Visage (CTO eventbrite), Nicolas Pinto qui fait partie de l’équipe d’intelligence artificielle d’Apple à San Francisco, Frédéric Chevance (VOGO, Spicee) et Vincent Chevance (Corniche Pictures).

Heuritech a développé, grâce à des technologies de Deep Learning, une solution de reconnaissance automatique et en temps réel, des objets, formes, textures, personnages, à l’intérieur de toute image ou photographie postée sur les réseaux sociaux (Instagram) et internet.

La startup emploie une quinzaines de salariés, des docteurs en intelligence artificielle et des ingénieurs.

Le sujet est également porteur pour les politiques. La secrétaire d'Etat au numérique Axelle Lemaire dévoilera le 20 janvier la stratégie en intelligence artificielle pour la France. Un an avant l'entrée en vigueur du règlement européen sur la protection des données, qui encadrera les activités des entreprises liées à la data.

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