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Sheryl Sandberg dit que Facebook devrait devenir payant si vous ne voulez plus de publicités ciblées

Sheryl Sandberg dit que Facebook devrait devenir payant si vous ne voulez plus de publicités ciblées
© YouTube/NBC News
  • Sheryl Sandberg, la directrice des opérations de Facebook, a donné une série d'interviews diffusées ces jeudi et vendredi 5 et 6 avril 2018, au sujet du scandale de Cambridge Analytica.
  • Sur la chaîne NBC News, la proche de Mark Zuckerberg a expliqué que les données étaient un élément vital pour Facebook et que si les utilisateurs voulaient se débarrasser des publicités ciblées, il faudrait que cette option soit payante.
  • Ce commentaire, bien qu'il a été fait en termes hypothétiques, remettrait en question l'une des valeurs fondamentales du réseau social depuis sa création: la gratuité de son service.

Alors que Facebook a admis que les données de 87 millions d'utilisateurs — et non plus 50 millions comme dit précédemment — avaient été siphonnées par le cabinet Cambridge Analytica, Sheryl Sandberg, la directrice des opérations de Facebook, a expliqué ce vendredi 6 avril 2018 que Facebook est un service qui dépend des données des utilisateurs, même si le réseau social ne vend pas ou ne cède pas les informations de ses utilisateurs.

Le modèle publicitaire de Facebook repose en effet sur la quantité importante de données personnelles qu'il recueille sur ses utilisateurs et qui lui permettent de vendre des publicités très ciblées aux annonceurs. En 2017, le chiffre d'affaires publicitaire de Facebook a atteint 39,9 milliards de dollars, contre 26,6 milliards de dollars l'année précédente, selon les données de Statista.

Lors d'une interview avec la chaîne NBC News, la journaliste Savannah Guthrie a demandé au bras-droit de Mark Zuckerberg si Facebook pouvait mettre en place un outil permettant aux utilisateurs de refuser que leurs données personnelles soient utilisées pour le ciblage publicitaire. Voici ce que Sheryl Sandberg a répondu:

"Nous n'avons pas d'option permettant de refuser cela au niveau maximal. Ce serait alors un produit payant."

Ce commentaire formulé par Sheryl Sandberg, bien qu'il a été fait en termes hypothétiques, remettrait en question l'une des valeurs défendues par le réseau social depuis sa création: la gratuité de son service.

Le mois dernier, quand Tim Cook, le DG d'Apple, avait taclé le réseau social au sujet du scandale de Cambridge Analytica, en disant que cette collecte de données d'utilisateurs de Facebook ne "devrait pas exister", Mark Zuckerberg avait rappelé que la mission de Facebook était de fournir des services à ceux qui ne pouvaient pas se les payer.

Le patron de Facebook avait déclaré:

"Vous savez, je trouve cet argument, qui consiste à dire que si vous ne payez pas, d'une manière ou d'une autre, on ne soucie pas de vous, extrêmement désinvolte. Et qui ne correspond pas à la vérité."

Même si la publicité se prêtait au modèle économique de Facebook, le géant tech se soucie toujours des gens et de leurs droits, avait ajouté son PDG.

A l'occasion de cette interview avec NBC News, la numéro 2 de Facebook a par ailleurs reconnu que Facebook n'a pas bien géré la faille qui a permis au cabinet britannique d'analyses de données, qui a travaillé pour la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016, de siphonner les données de millions d'utilisateurs du réseau social.

Elle a par ailleurs prévenu que d'autres choses allaient sûrement être découvertes prochainement au sujet de cette fuite massive de données.

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