Des supporters du parti au pouvoir à Freetown, Sierra Leone, le 13 mars 2018. REUTERS/Olivia Acland

  • Le Sierra Leone devient le premier pays dans le monde à utiliser la technologie blockchain pour vérifier des votes, lors de sa dernière élection en date.
  • La société Agora, basée en Suisse, a enregistré et vérifié des bulletins papier numériquement en utilisant une technologie blockchain spécialisée.
  • Les élections au Sierra Leone pourraient être une première étape avant que la la technologie blockchain ne soit utilisée pour façonner les élections autour du monde.

Le Sierra Leone est devenu le premier pays dans le monde à utiliser la technologie blockchain pour vérifier des votes, lors d'une élection la semaine dernière.

La société suisse de blockchain Agora a fourni ce service à 280 bureaux de vote de la Zone de l'Ouest du Sierra Leone, qui est la région la plus peuplée du pays et abrite la capitale Freetown.

Agora était accréditée en tant qu'observateur international par la Commission électorale nationale (NEC) du Sierra Leone, qui fournit les résultats officiels. Pendant le processus, Agora a utilisé la blockchain pour tester le comptage des votes de manière indépendante.

Pendant le dépouillement, chaque bulletin papier était annoncé à haute voix par un officiel de la NEC et enregistré manuellement par les employés d'Agora en utilisant une technologie blockchain spécialisée.

De la même façon que la blockchain offre de la transparence aux transactions en crypto-monnaies (en sauvegardant les informations publiquement), Agora souhaite apporter de la transparence aux élections.

Au Sierra Leone, l'entreprise a permis cela en stockant chaque vote dans un réseau de blockchain privé et commun accessible uniquement aux équipes d'Agora, qui ont ensuite publié les résultats sur leur site dédié. Cela réduit les risques de voir un vote, qui est validé sur le réseau blockchain en temps réel, être trafiqué.

En faisant cela, la fraude électorale et les manipulations — des problèmes qui existent dans la région et à travers le monde — peuvent être empêchés.

"Je pense vraiment que cette élection marque le début d'un mouvement bien plus grand de votes grâce à la blockchain" affirme Leonardo Grammar, le DG d'Agora, interrogé par CoinDesk jeudi 8 mars, après l'élection.

Les élections au Sierra Leone sont un nouvel exemple de l'extension de la technologie blockchain au delà des crypto-monnaies, avec le potentiel de façonner les élections autour du monde. Agora dit être déjà en contact avec d'autres pays pour utiliser cette technologie, écrit CoinDesk.

"Vous ne vous attendez probablement pas à ce que ce pays soit le premier à utiliser la technologie de vote transparent" commente Jaron Lukasiewicz, directeur des opérations d'Agora, selon Coindesk.

"Un pays comme le Sierra Leone peut en réalité minimiser les répercussions d'une élection très contentieuse en utilisant un logiciel tel que celui-ci."

Les élections de la semaine dernière avaient pour but de remplacer le président sortant Ernest Bai Koroma du parti "All People Congress", qui a effectué son maximum de deux mandats.

Le leader de l'opposition Julius Maada Bio, du Parti "Sierra Leone's People", est arrivé premier du premier tour avec 43,3% des voix mais n'a pas réuni la majorité des votes nécessaires pour gagner, d'après la commission électorale.

La NEC a publié les résultats officiels des élections, qui sont indépendants de ceux fournis par Agora, plusieurs jours après l'élection.

Un second tour aura lieu le 27 mars, selon la commission.

Note de l'éditeur: une précédente version de cet article laissait entendre que les officiels de la NEC ont utilisé la technologie d'Agora. La NEC a clarifié le rôle d'Agora sur Twitter le 18 mars, écrivant: "La NEC n'a pas utilisé, et n'utilise pas la technologie blockchain dans quelconque étape du processus électoral". Cet article a été mis à jour pour prendre en compte ces corrections. Business Insider regrette cette erreur.

Version originale: Rosie Perper/Business Insider

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