Drone Parrot. Parrot/Facebook

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Créée en 2012, Bpifrance est la banque publique d’investissement de la France. Elle est née de la fusion d'Oséo, CDC Entreprises et du Fonds stratégique d'investissement.

Bpifrance a trois activités : elle finance en crédits les entreprises en France et investit en fonds propres de façon directe ou indirecte, dans des industries et des startups. On la retrouve ainsi au capital de plusieurs pépites de la tech française.

Dans un rapport publié mercredi, la Cour des comptes dresse un bilan globalement positif de sa mise en place et de son développement depuis quatre ans. Mais elle pointe aussi le caractère selon elle "fragile" de son modèle économique et financier, "qui impose un développement maîtrisé".

La Cour s'inquiète notamment "des risques" liés à la hausse des investissements directs au cours des dernières années.

Bpifrance a développé son intervention en fonds directs pour compenser, au moment de la crise de 2008, la baisse des levées de fonds privés et intervenir plus rapidement auprès des entreprises.

Mais pour la Cour, les récents investissements ne répondent plus forcément à cette problématique.

En regardant de plus près le rapport, on remarque que la Cour illustre ses inquiétudes en choisissant deux investissements majeurs réalisés l'an dernier dans des entreprises françaises en fort développement : Parrot et Sigfox.

Ces deux entreprises ont levé respectivement 299 millions d'euros et 100 millions d'euros, auprès de plusieurs investisseurs, dont Bpifrance.

Dans son rapport, la Cour prend le soin de ne pas nommer ces deux entreprises en forte croissance.

Mais les détails donnés sont suffisamment précis pour que nous ayons pu identifier ces deux entreprises.

Ainsi, le rapport évoque deux investissements réalisés en 2015, "dans une entreprise qui développe et commercialise des produits sans fil de haute technologie (33 M€ en 2015 dans le cadre d’une levée de fonds de 299 M€) et dans une entreprise spécialisée dans la connectivité des objets (8,5 M€ en 2015 dans le cadre d’une levée de fonds de 100 M€)".

Malgré l'innovation des deux sociétés, leur croissance et les forts besoins capitalistiques, la Cour se montre plus que dubitative sur ces choix.

"On peut s’interroger sur la valeur ajoutée de la participation de Bpifrance à ces tours de table, qui auraient probablement pu se boucler en son absence."

Car pour l'institution de la rue Cambon à Paris, le fonds Large Venture, le véhicule utilisé pour entrer au capital des deux sociétés, illustre "l'ambiguïté" du positionnement de la banque public.

Pour la Cour, un investissement direct expose la Bpifrance à des risques politiques ou d’image, "ce qui n’est pas sans inconvénient pour une banque publique", ajoute-telle. Elle déplore aussi que ce type d'interventions pourraient être perçues comme "une approche trop concurrentielle" par rapport au marché et aux acteurs privés.

La Cour incite donc l'établissement à privilégier l' intervention indirecte via des prises de participation dans des fonds spécialisés, "davantage cohérente" avec la nature de Bpifrance.

"Hors période de crise, et compte tenu des risques associés aux interventions directes, les interventions indirectes sous forme de fonds de fonds devraient rester les vecteurs privilégiés d’intervention de Bpifrance", écrit la Cour dans le rapport.

Contactés par Business Insider France, Sigfox et Parrot n'avaient pas immédiatement répondu à notre demande.

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