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Snapchat décide à son tour d'agir face aux messages de Donald Trump 'incitant à la violence raciale'

Snapchat décide à son tour d'agir face aux messages de Donald Trump 'incitant à la violence raciale'
Le patron de Snapchat, Evan Spiegel, lors d'une conférence en octobre 2019, à San Francisco. © TechCrunch/ Flickr

La tension monte entre Donald Trump et les réseaux sociaux. Snapchat, une application très prisée des jeunes de la génération Z, a rejoint Twitter mercredi 3 juin pour atténuer l'écho des messages de Donald Trump, qui "incitent à la violence raciale" dans un pays où des centaines de milliers de personnes défilent depuis 10 jours contre les violences faites à la minorité noire. L'appli américaine a annoncé qu'elle ne ferait désormais plus la promotion des messages du président américain, même si ceux-ci restent visibles aux abonnés à son compte et apparaissent quand un usager fait une recherche spécifique.

"Nous n'allons pas amplifier des voix qui incitent à la violence raciale et à l'injustice en faisant leur promotion gratuite sur Discover", le fil d'info du réseau où les utilisateurs peuvent trouver les nouveautés, les recommandations ou encore les publications de médias ou de personnalités connues, a précisé l'entreprise. Snapchat rejoint ainsi Twitter qui a provoqué l'ire du président des Etats-Unis la semaine dernière, en mettant des avertissements sur les messages qu'il envoie à ses plus de 81 millions d'abonnés. L'un concernait la fraude électorale que Twitter estimait être de la désinformation et l'autre pouvait laisser penser que le président appelait à faire feu sur des pilleurs.

Les deux réseaux ont toutefois choisi de ne pas bannir totalement Donald Trump. Ce dernier a très mal pris les initiatives de Twitter, profitant de son audience sur le réseau pour dénoncer ce qu'il perçoit comme de la censure et une confirmation d'un biais de gauche et anti parti républicain.

L'équipe de campagne du président s'en prend à Evan Spiegel

La campagne présidentielle pour sa réélection a aussi rapidement publié un communiqué accusant Snapchat de vouloir "truquer" le scrutin du 3 novembre. "Le PDG extrémiste de Snapchat Evan Spiegel préfère promouvoir des vidéos d'émeutes d'extrême gauche et encourager ses usagers à détruire l'Amérique plutôt que de partager le message positif d'unité, de justice, de la loi et de l'ordre du président", accuse la campagne.

"La violence raciale et l'injustice n'ont pas leur place dans la société et nous sommes solidaires de tous ceux qui recherchent la paix, l'amour, l'égalité et la justice en Amérique", souligne Snapchat dans un courriel à l'AFP. Pendant le week-end, Evan Spiegel avait envoyé une longue lettre aux employés de Snap, la maison-mère du réseau, pour y condamner ce qu'il perçoit comme la perpétuation de l'injustice raciale en Amérique. "Chaque minute pendant laquelle nous sommes silencieux face au mal et aux injustices, nous agissons en faveur de ceux qui font le mal", écrivait-il.

Cette annonce, comme celle de Twitter, arrive alors que des centaines de milliers de personnes manifestent depuis plus d'une semaine dans tout le pays — manifestations parfois émaillées de violences et de pillages — contre les violences policières faites aux minorités visibles et en particulier à la population noire. La mort de George Floyd fin mai, asphyxié par un policier alors qu'il était menotté et ne présentait aucune résistance, a été l'élément déclencheur de ces manifestations dans un pays déjà frappé d'une pandémie qui y a fait plus de 100 000 morts et mis au chômage des dizaines de millions de personnes.

Facebook ne change rien

Contrairement à Twitter ou désormais Snapchat, Facebook, le premier réseau social au monde, a choisi de ne pas signaler ou censurer de quelque manière que ce soit les messages du président américain. Une décision assumée par Mark Zuckerberg, le dirigeant et fondateur de Facebook, mais critiquée publiquement par une partie de ses employés, certains ayant préféré démissionner que de continuer à travailler pour l'entreprise.

Le jeune milliardaire campe sur des positions qu'il avait longuement exposées l'année dernière lors d'un discours ultra-médiatisé devant l'université de Georgetown, et qui peuvent se résumer par deux conclusions : il ne faut pas supprimer les messages du président, au nom de la liberté d'expression et de l'intérêt du public à s'informer et ce n'est pas à une entreprise privée de déterminer qui a le droit ou non de s'exprimer. Pour autant, Facebook affirme que même des discours politiques peuvent être censurés s'ils font l'apologie de la violence ou de la haine par exemple.

Piqué au vif par Twitter, Donald Trump avait signé très vite un décret s'attaquant à la Section 230 du "Communications Decency Act". Pierre angulaire de l'internet américain, elle offre notamment à Facebook, Twitter ou YouTube (Google) une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d'intervenir sur les plateformes à leur guise. Le décret cherche à modifier le champ d'application de cette loi de 1996 et affirme que l'immunité ne peut s'étendre à ceux qui pratiquent la "censure de certains points de vue".

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