(De g.à dr.): Frédéric Mazzella, fondateur et président, Francis Nappez, co-fondateur et directeur technique, et Nicolas Brusson, co-fondateur et directeur général de BlaBlaCar. BlaBlaCar

La SNCF et BlaBlaCar viennent d'annoncer que l'entreprise ferroviaire publique fait son entrée au capital de BlaBlaCar et lui cède au passage son activité déficitaire de bus à longue distance — Oui Bus.

Ce mouvement permet à l'un des étendards de la French Tech d'élargir ses activités après avoir testé l'activité dite "des cars Macron" au printemps durant les grèves... de la SNCF.

La SNCF prend une participation "très minoritaire", à la faveur d'un nouveau tour de 101 millions d'euros de BlaBlaCar, avec des investisseurs existants — sans en préciser leur identité.

La licorne française ne comptait jusqu'alors qu'une dizaine de fonds d'investissement à son capital. La SNCF disposera d'un siège d'observateur au conseil d'administration mais non d'administrateur, précise Le Monde.

Au total, l'entreprise a déjà collecté près de 400 millions d'euros —la valorisant plus d'un milliard de dollars. Ses soutiens financiers d'hier et d'aujourd'hui croient encore au succès d'un service B to C viable économiquement. Dans leur oeil de mire: un retour sur investissement avec une introduction en bourse — l'objectif depuis toujours des trois fondateurs.

Mais l'opération n'est pas que financière. BlaBlaCar récupère dans le lot OuiBus — la filiale de la SNCF spécialisée dans le transport en car longue distance. OuiBus dessert 300 villes de France et d'Europe et a transporté plus de 12 millions de voyageurs.

Mais point noir, OuiBus est lourdement déficitaire. Ces pertes ont atteint 165 millions d'euros en cumulé, dont 36 millions en 2017.

Il y a un an, le DG de OuiBus se montrait pourtant optimiste pour atteindre l'équilibre en 2019 dans une interview aux Echos.

L'opération va permettre à BlaBlaCar de faire son apparition sur OUI.sncf, le site de vente en ligne de la SNCF. Dès le printemps prochain, les voyageurs pourront y trouver des offres combinées train + bus et train + covoiturage.

"En centralisant et combinant à terme sur BlaBlaCar covoiturage interurbain, covoiturage domicile-travail et bus, nous simplifierons la recherche de déplacement pour nos membres confrontés aujourd'hui à une multiplication des sites et des offres", déclare Frédéric Mazzella, président-fondateur de BlaBlacar, cité dans un communiqué.

"Cela va permettre de créer plus de 30.000 possibilités de voyages", souligne Rachel Picard, la directrice générale de Voyages SNCF, au Figaro.

BlaBlaCar compte 65 millions de membres, dont 15 millions en France. Cet été, elle a annoncé qu'elle était rentable pour la première fois de son histoire sur les huit premiers mois de l'année. 

Depuis deux ans, la startup a prêté le flanc aux critiques, avec de sévères réductions de coûts et des départs en cascade suite à un déploiement à l'international raté sur le plan des revenus. La rationalisation des coûts a ainsi entraîné une vague de départs, les effectifs passant de 500 à 350 salariés en moins de deux ans.

Depuis plus d'un an, la startup renoue avec l'audace de ses débuts — nouvel algorithme, covoiturage courte distance avec BlaBlaLines, possibilité d'achat d'un véhicule en location longue durée — et vient de procéder coup sur coup à deux acquisitions pour démontrer le chemin qu'elle trace.

OuiBus devrait lui permettre de reprendre son ambition internationale mise quelque peu entre parenthèses. Si Blablacar monétise ses services en France, en Espagne, en Italie, en Allemagne et en Pologne, elle ne prend aucune commission sur les paiements entre passagers et conducteurs dans les 17 autres pays. Elle a ainsi dû fermer des bureaux (Turquie, Inde et Mexique) en 2016 et 2017. 

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