2 cadres de la Société générale sont accusées d'avoir participé à une manipulation financière mondiale

Frederic Oudéa, le DG de la Société Générale, lors des résultats annuels de banque le 9 février 2017. REUTERS/Benoit Tessier

Deux cadres de la Société générale ont été inculpées jeudi 24 août 2017 aux Etats-Unis pour leur rôle supposé dans l'affaire de manipulation du taux interbancaire dit Libor, qui sert de référence à la fixation des taux bancaires.

A l'époque des faits, entre mai 2010 et octobre 2011, ces deux femmes étaient chargées de la trésorerie de la SocGen au niveau mondial et étaient à la tête de la trésorerie pour la France selon la justice américaine.

Elles sont accusées d'avoir soumis de fausses informations relatives aux taux auxquels la banque pouvait emprunter de l'argent. La justice américaine estime que ces deux cadres ont demandé à leurs équipes de faire état de taux plus bas que ceux que la banque aurait dû annoncer.

Selon les procureurs, cette manipulation a eu un impact négatif de 170 millions de dollars sur les marchés financiers mondiaux.

Les banques utilisent le Libor (London Interbank Offered Rate) pour établir les taux de très nombreux prêts: prêts immobiliers, de cartes de crédit, etc. Les taux Libor en différentes devises sont calculés en fonction des informations que communiquent les banques elles-mêmes sur le taux d'intérêt auquel elles se financent.

Selon l'acte d'accusation, ce montage avait pour but de rehausser la réputation de la banque française car des analystes financiers avaient fait remarquer que la Société générale annonçait en général des taux d'intérêt plus élevés que la moyenne.

Contactée par Reuters, la Société générale n'a pas souhaité commenter le fond du dossier.

"Comme elle l'a déjà rendu public, Société générale a reçu des demandes d'informations de la part de plusieurs autorités — dont le Département américain de la Justice — relatives aux enquêtes sur les soumissions à l'Association des banques britanniques pour la fixation de certains taux de référence, dont le Libor", écrit l'établissement dans un communiqué.

"Société générale coopère avec les autorités conduisant ces enquêtes", assure-t-il

Cette affaire intervient alors que le scandale de la manipulation des taux du Libor est beaucoup plus large. Des banques — dont la Société générale — et des sociétés de courtage ont dû régler un total de quelque neuf milliards de dollars (7,6 milliards d'euros) d'amendes pour régler des litiges de manipulation du Libor.

Plusieurs personnes ont été condamnées au pénal.

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