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Solana et Cardano, ces deux cryptomonnaies qui pourraient faire de l'ombre à Ethereum

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Solana et Cardano, ces deux cryptomonnaies qui pourraient faire de l'ombre à Ethereum
La blockchain Solana permet de développer des applications de finance décentralisée. © Omar Marques/SOPA Images/LightRocket via Getty Images
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L'écosystème crypto est en plein effervescence depuis le début de l'année. En son sein, deux cryptomonnaies se font remarquer, aux côtés des deux poids lourds du secteur, bitcoin et Ethereum : Sol, qui évolue sur la blockchain Solana, et Ada, sur Cardano. Alors que la première a vu son cours bondir de plus de 11 000% depuis le début de l'année, la seconde affiche un gain d'environ 1 500%, mardi 7 septembre. Cardano est ainsi la troisième cryptomonnaie en matière de capitalisation boursière, tandis que Solana pointe à la septième place.

Pourquoi un tel engouement autour de ces deux monnaies virtuelles ? Tout simplement parce que certains les voient comme des concurrents potentiels de la blockchain Ethereum, sur laquelle se développent aujourd'hui de multiples applications de finance décentralisée, des jetons non-fongibles (NFT) et des smart contrats (contrats intelligents), ces protocoles informatiques permettant l'exécution automatique d'un contrat dont les termes et les conditions sont infalsifiables.

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Comme Ethereum, Cardano et Solana entrent dans la catégorie des blockchains "d'infrastructure", souligne Julien Moretto, analyste chez le courtier en cryptomonnaies Coinhouse, dans la mesure où elles sont censées servir de support au développement d'applications. Mais Cardano, lancé en septembre 2017 par Charles Hoskinson, soit deux ans après Ethereum qu'il a co-créé, n'est toujours pas pleinement opérationnel. Son fonctionnement, sous la forme de deux couches, s'apparente à un mélange entre Bitcoin et Ethereum.

Les deux couches de Cardano

Une couche est réservée aux règlements et permet d'enregistrer les transactions, avec un nombre de jetons Ada émis limités, comme pour le bitcoin dont la quantité en circulation est programmée à 21 millions, ni plus ni moins. Et une deuxième couche dédiée aux calculs doit contenir les "contrats intelligents". Mais cette seconde couche "ne fonctionne pas réellement", explique Julien Moretto. Autrement dit, Cardano ne permet pas aujourd'hui — et quatre ans après sa création — de développer un vrai écosystème comme celui en plein essor sur Ethereum.

"L'argument fort, c'était cette double couche qui devait permettre à Cardano d'être plus agile, aussi en fonction des pays et des réglementations", ajoute l'analyste. La spéculation autour de cette blockchain et de ses fonctionnalités potentielles pourraient finir par retomber si elle ne tient pas ses promesses au cours des prochains mois. Néanmoins, une mise à jour de Cardano, baptisée "Alonzo", doit survenir le 12 septembre et permettre enfin d'utiliser des contrats intelligents.

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Une 'preuve d'enjeu' bien moins énergivore pour valider les transactions

De plus, cette blockchain présente l'avantage d'être plus rapide et moins gourmande en électricité qu'Ethereum. Le système de la proof of stake (preuve d'enjeu), sur lequel elle repose, ne nécessite pas de faire tourner tous les ordinateurs (ou Asics) connectés au réseau pour valider une transaction, comme c'est le cas avec la proof of work (preuve de travail). Avec la preuve d'enjeu, l'utilisateur qui souhaite valider des transactions électroniques met en jeu les jetons de cryptomonnaie déjà en sa possession pour obtenir le droit de s'occuper de la validation, et espérer toucher la récompense qui l'accompagne, elle aussi en cryptomonnaie.

S'il cherche à tricher ou à s'approprier les sommes à valider, tous ses jetons mis en jeu lui sont retirés, ce qui est hautement dissuasif et garantit une grande sécurité au réseau. Toutefois, Ethereum doit également passer à la preuve d'enjeu au cours des prochains mois, dans le cadre d'une mise à jour très attendue et qui s'effectue en plusieurs étapes, pour donner naissance à Ethereum 2.0.

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Le système de la preuve de travail est quant à lui beaucoup plus consommateur en électricité, dans la mesure où il engage l'ensemble des machines du réseau qui vont toutes tenter de résoudre des équations mathématiques très complexes pour miner de nouveaux blocs sur la blockchain, et valider ainsi les transactions. Bitcoin et Ethereum fonctionnent toujours avec ce procédé à l'heure actuelle.

Solana, une blockchain très rapide

Solana, officiellement lancé en 2020 après trois ans de développement, par des anciens de l'équipementier télécom américain Qualcomm, fonctionne aussi avec la preuve d'enjeu. La blockchain peut se targuer d'être beaucoup plus rapide qu'Ethereum. "Elle revendique 50 000 transactions par seconde, quand le réseau Ethereum ne peut en assurer que 15 par seconde aujourd'hui et Bitcoin seulement 7", détaille Julien Moretto. Une efficacité qui serait même supérieure aux réseaux Visa et Mastercard et qui en ferait la blockchain la plus rapide au monde.

Pendant ce temps, Ethereum commence à saturer, les transactions et l'interaction avec les contrats intelligents deviennent plus coûteuses et lentes. "Il faudra toutefois voir ce que donne le réseau Solana quand beaucoup plus de monde l'utilisera", pointe l'analyste de Coinhouse. Solana dispose en plus d'un système innovant de proof of history (preuve d'historique), qui permet d'établir un ordre clair et vérifiable pour les transactions au sein de la blockchain, ce qui accroîtrait fortement ses performances et son débit.

Solana est plus jeune, mais déjà plus avancé que Cardano

Autrement dit, Solana se pose en sérieux concurrent d'Ethereum, d'autant que contrairement à Cardano, elle commence déjà à se montrer fonctionnelle pour la finance décentralisée et les jetons non-fongibles. Le site Solonart répertorie par exemple les NFT qui peuvent s'échanger sur cette blockchain. De plus, Solana bénéficie du soutien de Sam Bankman-Fried, le fondateur de la plateforme d'échange de crytpomonnaies FTX. Très populaire au sein de l'écosystème crypto et sur les réseaux sociaux, il a choisi la blockchain pour son projet "Serum" d'échanges décentralisés.

Finalement, Solana semble mieux placé que Cardano pour répondre aux trois grands enjeux des blockchains : la décentralisation, la sécurité et la scalabilité (la rapidité du réseau). Mais il lui reste à confirmer ses atouts, alors que son écosystème est encore balbutiant face au puissant réseau Ethereum, qui apparaît aujourd'hui beaucoup plus décentralisé.

De même pour Cardano, qui a beaucoup à prouver encore pour se poser en concurrent sérieux, tant au niveau de la décentralisation — les transactions étant validées par un nombre très restreint d'utilisateurs — que de sa capacité à héberger des contrats intelligents. Ethereum dispose d'une belle marge d'avance.

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