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SpaceX affirme avoir réussi à rendre un satellite Starlink moins lumineux

SpaceX affirme avoir réussi à rendre un satellite Starlink moins lumineux
SpaceX a lancé une nouvelle flopée de 60 satellites Starlink le 18 mars 2020 depuis le site de Cap Canaveral en Floride. © Flickr.com/SpaceX

SpaceX a réussi le lancement d'une nouvelle flopée de 60 satellites Starlink depuis Cap Canaveral en Floride, ce mercredi 18 mars 2020. L'entreprise spatiale fondée par Elon Musk n'est toutefois pas parvenue à récupérer le premier étage de sa fusée phare Falcon 9. Il s'agissait du sixième lancement Starlink. Ce nom correspond au projet de méga-constellation de satellites développé par SpaceX pour fournir un accès Internet haut débit rapide et bon marché. Le service devrait être opérationnel dès cette année pour le Canada et le nord des Etats-Unis.

Dès le lancement des 60 premiers satellites de SpaceX en mai 2019, les astronomes s'étaient inquiétés de la pollution lumineuse importante provoquée par ces derniers. Juste après le coucher du soleil ou tôt le matin, les satellites peuvent en effet être frappés par la lumière du Soleil et devenir visibles pour les télescopes d'astronomie sophistiqués mais aussi par des jumelles amateurs ordinaires, comme l'avait expliqué Cees Bassa, de l'Institut néerlandais de radioastronomie, au magazine Forbes.

Pour tenter de remédier à ce problème, SpaceX avait alors testé un revêtement spécial sur l'un de ses satellites Starlink — baptisé "DarkSat" — afin de diminuer sa réfléctivité, rapporte le média spécialisé Spacenews. Lors de la diffusion sur le web du dernier lancement Starlink, SpaceX a déclaré que ce test semblait avoir tenu ses promesses d'après les premières données récoltées par l'entreprise. "Les résultats préliminaires montrent une réduction notable", a déclaré Jessica Anderson, ingénieure de fabrication chez SpaceX.

Toutefois, un article publié sur le serveur arXiv le 17 mars 2020 ne dresse pas un tableau aussi optimiste de la situation. En utilisant un petit télescope au Chili, des astronomes ont mesuré la luminosité du satellite DarkSat et l'ont comparée à celle d'un autre satellite Starlink qui n'avait pas bénéficié du revêtement spécial. Ils ont constaté que DarkSat avait une magnitude de 0,88 et était donc 55% plus sombre qu'un satellite Starlink ordinaire. Mais ce chiffre ne serait pas suffisant pour les astronomes.

Lors d'une table ronde organisée le 11 mars dernier par la Société américaine d'astronomie, Tony Tyson, responsable scientifique de l'Observatoire Vera Rubin au Chili, a déclaré que les simulations des satellites Starlink montraient que non seulement les satellites produisaient des traînées lumineuses sur les images prises par le télescope, mais qu'ils créaient d'autres artefacts d'image en saturant le détecteur.

A lire aussi — SpaceX veut rencontrer les astronomes de l'Observatoire européen austral pour discuter de la gêne causée par ses satellites Starlink

SpaceX travaillerait sur d'autres solutions dont un parasol

Jessica Anderson a ajouté que la société avait "quelques autres idées qui, selon nous, pourraient réduire encore plus la réflectivité". L'une de ces pistes serait "un parasol" qui se déploierait comme un parasol de patio depuis le satellite, sans fournir davantage de détails sur son fonctionnement, ni son pilotage. Cette solution sera testée lors d'une prochaine mission Starlink.

Lors de son intervention à la Satellite Conference de 2020 le 9 mars dernier, Elon Musk a déclaré : "nous travaillons avec des membres éminents de la communauté scientifique et des astronomes de haut niveau pour minimiser la réfléctivité des satellites. Nous menons un tas d'expériences." D'ailleurs, SpaceX a récemment contacté les astronomes de l'Observatoire européen austral (ESO) pour discuter de la gêne causée par ses satellites Starlink.

Dans une récente étude, les chercheurs de l'ESO avaient estimé que l'interférence des satellites n'aurait qu'un effet "modéré" sur le Very Large Telescope (VLT) de l'ESO et le futur Extremely Large Telescope (ELT), qui ne surveillent que des zones relativement petites du ciel nocturne. Mais cela signifie tout de même que certaines images pourraient être endommagées voire perdues, en raison de la luminosité des satellites. Cependant, pour les télescopes d'observation à grand champ, qui surveillent de plus grandes parties du ciel, l'impact serait encore plus important. Pour l'Observatoire Vera C. Rubin, l'étude avait relevé que 30 à 50% des expositions pourraient être "gravement affectées".

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